Folk, rock et punk à la sauce néonazie: ce qui se cachait derrière le festival "Frontnacht", finalement annulé
Des groupes qui cochent les cases antisémites, suprémacistes et identitaires.
- Publié le 16-08-2022 à 21h34
- Mis à jour le 16-08-2022 à 23h53

Prévu comme échauffement à la Veillée de l'Yser (IJzerwake), le festival Frontnacht avait pour but, selon son coorganisateur Rob Verreycken, ex-député du Vlaams Belang, d'apporter "un message plus contemporain" au pèlerinage nationaliste.
Si l'on se penche sur le line-up de l'événement, il s'avère que transmettre ce message contemporain consistait en réalité à tendre le micro à des groupes qui se définissent comme "identitaires" mais qui affichent de sérieuses accointances avec les mouvances d'extrême-droite.
Bronson, qui se présente comme une "légende punk de Rome", est un groupe formé au sein du parti d'inspiration nationaliste-révolutionnaire et néofasciste italien CasaPound. Dans une interview accordée au parti allemand de droite radicale Der Dritte Weg, Bronson, décrit comme le groupe nationaliste le plus populaire d'Italie, se plaint d'être constamment censuré, de vivre "dans un monde psycho-policier" et de ne pas pouvoir diffuser ses idées et ses symboles. Solidement intégrés aux structures de CasaPound, les musiciens indiquent que leur musique est indissociable de leur engagement politique. Comme le souligne le site d'investigation Bellingcat, l'iconographie du groupe regorge d'hommages au leader fasciste Benito Mussolini.
Philippe Neumann, du groupe de rock anticommuniste Flak, est un vétéran de la scène néo-nazie, selon Bellingcat et l'organisme allemand de surveillance Exif-Recherche. Ses chansons portent des noms explicites : ZOG, acronyme de Zionist Occupied Government qui fait référence à la théorie selon laquelle le monde est contrôlé par les juifs, ou AJAB signifiant All Jews Are Bastard ("Tous les juifs sont des bâtards"). Neumann a été interdit d'entrée en Suisse en 2016. Il entretiendrait des liens étroits avec des membres des Hammerskins, ce gang international de suprémacistes blancs fondé aux États-Unis.
Flatlander, de son vrai nom Harm-Jan Smit, s'est déjà produit sur scène avec des membres des Hammerskins et est l'ancien guitariste du groupe néo-nazi Blindfolded. Son répertoire comprend des reprises du fondateur du réseau de promotion de musique néo-nazie Blood&Honour, Ian Stuart Donaldson, ainsi que des morceaux du groupe canadien suprémaciste RaHoWa — abréviation de "Racial Holy War", que l'on peut traduire par Sainte Guerre Raciale.
L'Allemand Sacha Korn ne milite pas de façon aussi manifeste que les précédents artistes, mais il a néanmoins enregistré un album pour la plateforme patriotique allemande Einprozente. Il a également joué à un meeting de l'AfD, le parti allemand de droite populiste.
Enfin, n'oublions pas la présence de DJ Dré draait graag plaatjes dont le vrai nom serait Andreas VH, membre du mouvement nationaliste flamand Schild&Vrienden.
