L'Edito: L'Ocam à la traîne sur ce radicalisme
Un édito de Gauvain Dos Santos.
- Publié le 16-08-2022 à 23h53

La Belgique a failli avoir son propre festival d'obédience néo-nazi, comme on en voit fleurir régulièrement chez nos voisins d'outre-Rhin. On n'est pas passé loin de voir se dresser une scène sur les terres de la paix où des énergumènes seraient venus éructer des messages incitant à la haine et à la peur d'autrui. L'événement a finalement été annulé par les autorités parce qu'il comportait un sérieux degré de menace pour la sécurité du pays.
Des groupuscules fascisants du troisième millénaire auraient pu y créer du lien, renforcer leurs réseaux et s'organiser dans des directions inquiétantes, si l'on en croit des services de renseignement américains et européens. L'Ocam, en revanche, avait d'abord considéré qu'il n'y avait pas lieu de se préoccuper. Oui, le même organisme de contrôle et d'analyse qui indiquait quelques mois plus tôt, dans la foulée de l'épisode Jürgen Conings, que le radicalisme d'extrême droite représentait l'une des menaces les plus inquiétantes en matière de terrorisme en Belgique.
L'Ocam a par la suite revu sa copie. Mais cela a suffi pour instiller le doute sur la compétence de l'organe. Plusieurs députés ont déjà annoncé qu'ils allaient interroger la ministre de l'Intérieur sur cet épisode interpellant.
Certains s'interrogent même sur l'existence d'une certaine forme de complaisance envers le radicalisme de droite au sein de l'Ocam. Ce qui serait inacceptable.
