Bayat: "Faire la même saison en 2013-2014 ne nous satisfera plus"

Thibaut Hugé, envoyé spécial en Turquie
Bayat: "Faire la même saison en 2013-2014 ne nous satisfera plus"
©Th. Hugé

Mehdi Bayat évoque l'évolution de Charleroi depuis la reprise en août dernier mais aussi le futur du club

SIDE Le stage en Turquie n'a rien d'un séjour reposant en bord de mer pour Mehdi Bayat. Au four et au moulin, l'administrateur-délégué du Sporting de Charleroi se veut omniprésent. "Le travail ne m'a jamais fait peur."

Observateur attentif des séances d'entraînement, il veille à ce que chaque membre de la délégation carolo soit placé dans les meilleures conditions tout en assumant, téléphone à l'oreille, la responsabilité du mercato hivernal qui, jusqu'ici, ne lui a pas permis de faire les emplettes espérées. "Nous ne ferons pas de folies, on ne peut se le permettre."

Après avoir rencontré son frère Mogi hier, "venu rendre une visite comme le font d'autres agents avec qui nous travaillons" , il en a profité pour évoquer longuement l'évolution du club depuis la reprise le 31 août dernier ainsi que son futur, à moyen et à long terme.

Mehdi, en un peu plus de quatre mois, Charleroi a connu une véritable métamorphose, tant dans sa structure que dans l'image qu'il renvoie désormais. Ce chemin déjà parcouru répond-il aux attentes du président Fabien Debecq et de vous-même ?

"Je suis en tout cas fier de l'énorme travail qui a été abattu. La première priorité était de remettre de l'ordre au niveau financier et administratif. Cela a été fait, même s'il faudra se battre jusqu'au bout pour l'obtention de la licence. Nous avons également mis en place, avec Fabien Debecq, une nouvelle ligne de conduite sous la forme du slogan Carolos are back. J'ai dit que je voulais rendre le Sporting à Charleroi car je crois en la ville et en son potentiel. Cela s'est notamment traduit par l'arrivée de Walter Chardon au poste de directeur commercial et le retour de Pierre-Yves Hendrickx. En parallèle, il a fallu composer avec une situation sportive très difficile et un groupe qui a été chamboulé à maintes reprises en début de saison. La priorité, qui reste de mise aujourd'hui, était le maintien. J'ai toujours cru dans les capacités du groupe et du staff à y parvenir. Il reste énormément du boulot, notamment au niveau sportif, mais nous pouvons être satisfaits de ce qui a déjà pu être réalisé. J'ai notamment l'impression que nous sommes redevenus ce club familial que nous étions par le passé, avec des employés qui sont heureux d'être là."

Vous n'êtes cependant pas au bout de ce chemin...

"Loin de là ! Mais mon avenir est lié à celui de Charleroi. Je suis là pour durer. Actuellement, nous devons composer avec nos moyens. Mais il est certain que notre but est de progresser chaque année, à tous les niveaux. Notre club a, par le passé, souvent été innovateur. Je veux que ce soit encore le cas. C'est, par exemple, pour cela que nous relançons à l'occasion de ce stage Sporting TV ou que nous nous développerons plus sur les réseaux sociaux à l'avenir. Créer l'un ou l'autre poste supplémentaire dans la structure, tout comme avoir un directeur sportif ou une cellule de scouting plus professionnelle, ne serait pas un luxe. Mais tout cela a un coût et nous nous devons d'y aller étape par étape."

La face la plus visible reste le terrain. Quid donc du sportif et des objectifs à moyen terme ?

"Se contenter de faire le même parcours en 2013-2014 ne nous satisfera plus. La finalité d'un club reste de faire des résultats. Et, à ce niveau, nous avons encore beaucoup de travail à faire. Aujourd'hui, nous avons la chance d'avoir un groupe qui, s'il est jeune, est très soudé et fait preuve de maturité. Mais Charleroi, à moyen terme, doit devenir un club stable qui est capable, sans stress, de terminer entre la 7e et la 12e place, voire plus si affinités. La saison prochaine, il nous faudra plus d'expérience et de sérénité afin de nous rapprocher du Top 10. À plus long terme, il est raisonnable d'envisager une augmentation du budget pour, peut-être un jour, devenir un club du top en Belgique, c'est-à-dire capable d'ambitionner le Top 6. Je sais que cela peut aujourd'hui paraître utopique. Mais pas pour moi. Il s'agit d'un rêve, pas d'un fantasme."



© La Dernière Heure 2013


Vous êtes hors-ligne
Connexion rétablie...