Mbokani, un Soulier d'Or unique, qui a besoin de buts et d'amour

B. D., D. D.M. et C. F.

Dieumerci Mbokani est une personnalité à part dans le football belge. Et pas seulement par son jeu. Ses proches témoignent

BRUXELLES "La Belgique est trop petite pour un attaquant d'un tel talent." Le compliment est signé Oguchi Onyewu, qui a rejoué face à son ex-équipier en décembre dernier avec Malaga.

L'Américain n'est pas le seul à le dire : le talent de Mbokani est une évidence. Le joueur a toute la palette des grands attaquants modernes : puissance, vitesse, technique et sens du but.

Mais derrière le joueur, il y a l'homme. Avec une personnalité unique. Ceux qui l'ont côtoyé au quotidien le disent attachant. Et ils ne manquent pas d'anecdotes pour illustrer son caractère plutôt particulier.

"Quand il était au Standard, on lui envoyait un SMS avant chaque match" , raconte Thierry Wery, qui héberge des jeunes joueurs rouches et qui, au fil du temps, est devenu un ami proche de Dieu . "Le jour de la venue de l'Olympiakos à Sclessin, on avait oublié parce que le match était prévu plus tôt que d'habitude. Alors que ses coéquipiers s'échauffaient, Dieumerci nous a appelés pour savoir si tout allait bien. Le Standard a gagné 1-0 et c'est, bien entendu, Mbokani qui a marqué le but…"

Dieumerci aime visiblement partager sa joie. Et… prendre son temps. "Pour fêter la naissance de son fils, Jess, il avait organisé une fête avec une centaine de personnes" , se souvient Wery. "Sandra et moi étions les deux seuls Blancs présents. La fête débutait à 15 h. On était à l'heure mais quand on est arrivés, il n'y avait rien de prêt. Dieumerci revenait de chez Ikea où il était allé acheter un barbecue et essayait de le construire, en vain… Mais ce n'était pas grave puisque tous les invités sont arrivés à 18h !"

Les retards ont fait la légende de Mbokani à Anderlecht et au Standard. Une légende forcée si l'on en croit Fabio Baglio, son agent, et Dominique D'Onofrio, directeur technique lors de l'arrivée du Congolais à Sclessin. "Quand il est arrivé à Anderlecht, il n'avait pas encore son permis de conduire" , explique Baglio. "Il habitait à cinq kilomètres du stade et il lui est arrivé d'avoir un peu de retard à l'entraînement à la fin de son premier séjour chez les Mauves quand il avait compris que Vercauteren ne le ferait jamais jouer."

Une version confirmée par Dominique D'Onofrio. "On a dit que Dieu remplissait à lui tout seul le bocal des amendes mais c'est faux. Il a évidemment parfois dû le recadrer mais jamais rien de grave. Il fallait qu'il se sente aimé et c'est ce que le Standard lui a offert. Il venait souvent dans mon bureau pour régler ses petits soucis. Je m'en occupais et il repartait avec le sourire. Je savais alors qu'il allait briller durant le week-end."

Son expérience à l'étranger l'a encore prouvé : Mbokani est un joueur qui fonctionne à l'affectif et qui a besoin de sentir le soutien de ses proches.

"Dieumerci a pu compter sur des personnes clés à chaque moment important : Fabio Baglio qui l'a sorti d'Afrique, Lucien D'Onofrio qu'il l'a sorti d'une situation compliquée à Anderlecht, Marlène qui a mis de l'ordre dans sa vie quand il était mal entouré" , observe Thierry Wery. "Pour lui, ces personnes ont été des repères salvateurs. À son arrivée, il était un jeune de 19 ans qui avait de l'argent et qui n'avait pas la rigueur européenne. Il y avait beaucoup de profiteurs qui lui tournaient autour. Marlène, sa femme, a mis de l'ordre dans sa vie et a, selon moi, sauvé sa carrière."

Une carrière qui a connu l'une de ses plus belles pages hier soir…



© La Dernière Heure 2013


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