Les Belges de l'échappée : "Totalement choco dans la finale…"
Theuns (6e), Stuyven (10e) et Van Moer (17e) appartenaient à la bonne échappée du jour.

- Publié le 16-07-2021 à 20h55
- Mis à jour le 17-07-2021 à 22h07

Il est de ces instantanés qui en disent plus long que n'importe quel discours. Couché à même le bitume derrière la ligne d'arrivée de Libourne, Edward Theuns semblait être tombé en panne sèche vendredi après-midi, comme vidé de la moindre goutte d'une énergie que son moteur avait engloutie goulûment tout au long d'une journée avalée à plus de 5 000 tours/minute (près de 48 km/h de moyenne !).
"Je suis vraiment, vraiment, très très fatigué, soufflait le coureur de chez Trek-Segafredo, présent avec deux de ses équipiers (Jasper Stuyven et Julien Bernard) dans la bonne échappée. On a bataillé pendant plus d'une heure pour prendre la bonne échappée puis on n'a jamais véritablement levé le pied. Avec trois gars de l'équipe dans le groupe de tête, on est forcément déçu du résultat (NdlR : Theuns, sixième, est le mieux classé des Trek-Segrafredo) mais il faut aussi reconnaître ses limites. Dans la finale, j'étais complètement 'choco' et je n'étais assurément pas le seul dans le cas. Je n'aurais tout simplement pas pu faire mieux aujourd'hui, il faut avoir l'honnêteté de l'accepter et de le reconnaître. Matej Mohoric était le plus costaud. Il a roulé près de 40 bornes le nez dans le vent sans jamais faiblir, chapeau à lui. On savait qu'il s'agissait de la dernière chance pour une échappée de s'imposer et cette opportunité s'est envolée mais on ne peut pas avoir de réels regrets."
Autre Belge présent dans la grande manœuvre des Landes, Jasper Stuyven semblait bien plus abattu que son équipier. "Il n'y avait tout simplement rien à faire, c'est comme cela, confiait un brin fataliste le dernier vainqueur de Milan-Sanremo. Ce vendredi, nous étions à deux jours de l'arrivée à Paris et tout le monde fait avec ce qu'il lui reste dans les jambes… Je savais qu'il y avait une réelle chance que l'échappée aille au bout car les équipes de sprinters sont fatiguées et diminuées par certains forfaits, c'est pour cela que j'ai mis autant d'énergie pour intégrer le groupe de fuite. Mais lorsque vous percevez une opportunité réelle de remporter une étape du Tour et que celle-ci vous passe sous le nez, c'est forcément frustrant… Ai-je des regrets ? Non pas véritablement car Mohoric était tout simplement le plus fort. On l'a vu s'éloigner mètre par mètre mais personne n'a pu prendre l'échappée. Il a ensuite bénéficié du sillage des motos, mais c'est toujours le cas pour les échappées donc bravo à lui, il n'y a rien d'autre à dire…"