Philippe Gilbert déçu de sa performance en France: "J'ai vécu un Tour compliqué"
S'il devrait voir dimanche les Champs-Élysées pour la septième fois de sa carrière, Philippe Gilbert n'est pas satisfait de son Tour.

- Publié le 16-07-2021 à 19h35
- Mis à jour le 19-07-2021 à 10h04

Vendredi matin, au départ de Mourenx, le soleil qui berçait les abords du vélodrome Eddy Merckx semblait avoir effacé un peu de fatigue sur les traits de Philippe Gilbert. Entre sourires et disponibilité, le Wallon ne cherchait cependant aucunement à maquiller la frustration générée par un Tour de France qui n'a pas répondu à ses attentes.
Philippe, quel état d'esprit vous anime à quelques heures de l'arrivée sur les Champs-Élysées ?
"Ce Tour a été très compliqué à titre personnel. Je n'ai jamais pu m'appuyer sur de bonnes sensations, ce qui est forcément décevant. Le forfait de Caleb Ewan dès la 3e étape a évidemment été un coup dur pour l'équipe puisque la sélection avait été articulée autour de lui. Lorsqu'il a quitté l'épreuve, c'est comme si 50 % de la motivation du groupe s'étaient envolés. Quand vous roulez pour tenter de porter un sprinter vers un succès d'étape ou que vous défendez un maillot jaune, cela aide à oublier la douleur. Mais sans coureur pour le classement général, ni grimpeur ou spécialiste des arrivées massives, c'est plus compliqué mentalement…"
Le parcours de ce Tour ne favorisait, il est vrai, pas les coureurs de classiques comme vous, d'autant plus que vous avez été victime d'une chute dès la 1re étape, sur l'un des finals qui vous convenait le mieux…
"Cela a toujours été le cas et je ne crois pas que cela changera du tout au tout dans un avenir proche. Des bruits de couloir m'ont toutefois rapporté que les organisateurs en avaient un peu assez que les sprinters s'approprient près de la moitié du gâteau. Au-delà de ça, mon genou m'a handicapé pendant pratiquement une dizaine de jours mais c'est comme cela, on ne peut pas revenir en arrière."
Vous aviez confié avant le départ de Brest que votre histoire avec le Tour ne pouvait se conclure sur votre abandon de l'année dernière à Nice. Il ne reste désormais plus que deux étapes avant de boucler la Grande Boucle pour la septième fois…
"Oui mais je ne préfère pas parler trop vite (rires). On a vu que les pièges sont partout sur ce Tour et il reste encore quelques centaines de ronds-points que nous avons eus à négocier. Terminer une course de trois semaines, c'est également profitable pour des perspectives plus lointaines. Il y a le championnat du monde en Belgique, qui est évidemment important à mes yeux et pour lequel je pense que mon expérience pourrait être précieuse, mais bien d'autres courses également. La première étape sera toutefois de digérer les efforts consentis sur ces trois semaines de course et de récupérer pour la suite."
Pour votre premier Tour de France, en 2005, vous étiez entré en tête dans Paris après une attaque dans la foulée du défilé et des coupes champagne. Attaquer sur les Champs-Élysées pourrait-il être dans vos plans ce dimanche ?
"(rires) Oui c'est vrai. Chaque année, il y a des attaques sur ce final très prestigieux. Il faudra voir comment Cavendish et l'équipe Deceuninck-Quick Step ont envie de courir. Mais pour bien la connaître, je sais que c'est une formation qui a toujours faim de succès et n'est jamais rassasiée."
On a le sentiment que ce Tour s'apparente un peu à une classique au quotidien tant l'intensité y est élevée. Aviez-vous déjà vécu une édition aussi éreintante ?
"C'est effectivement une Grande Boucle très fatigante mais cela s'explique aussi par un parcours qui recense plus de 10 000 mètres de dénivelés positifs qu'un schéma classique de cette épreuve. On se croirait pratiquement à la Vuelta ! En termes de tracé, le Tour est habituellement la course de trois semaines la plus facile de la saison, mais la donne est différente cette année."
Vous avez joué au secouriste mercredi en venant en aide à un cyclo tombé dans un ravin…
"Oui mais je ne veux en tirer aucun mérite, vraiment. Tout le monde aurait agi de la même manière que je l'ai fait. La solidarité, c'est un comportement que je considère comme normal, surtout avec ce que la Belgique traverse actuellement !"