Pogacar: "J'avais peur de la chaleur, mais je me sens bien"
Tadej Pogacar a bien passé l'entrée dans les Pyrénées. Le maillot jaune a contenu les accélérations de ses rivaux dont le premier d'entre eux pointe à nouveau à plus de cinq minutes alors que le Tour est au repos ce lundi.
- Publié le 11-07-2021 à 20h18
- Mis à jour le 11-07-2021 à 20h27

Une, deux, trois, cinq, dix attaques peut-être n'ont pas fortement ébranlé Tadej Pogacar. À chaque fois qu'un de ses adversaires accélérait, le maillot jaune a semblé lui répondre sans le moindre problème. Le Slovène, qui, une fois ses derniers équipiers distancés, avait même laissé la conduite de la course aux Ineos, lesquels ne purent toutefois profiter de leur supériorité numérique, se paya ensuite le luxe d'accélérer à quelques reprises à son tour, mais sans donner l'impression de vouloir trop forcer.
Le coureur d'UAE Emirates, dont les dauphins se succèdent depuis sa prise de pouvoir il y a une bonne semaine, a mis à profit la deuxième étape du week-end pyrénéen pour repousser à nouveau à plus de cinq minutes le premier de ses poursuivants (Rigoberto Uran) au classement général.
Deux étapes plus loin, ou plus près, de la ligne d'arrivée sur les Champs-Élysées qui n'est plus distante que de 823 kilomètres, Pogacar contrôle et il peut se montrer très confiant car personne n'est apparu en mesure de le mettre en difficulté comme l'avait fait l'épatant Jonas Vingegaard sur le sommet du Mont Ventoux, mercredi.
"Je ne sais pas si mes opposants courent pour le podium plutôt que pour la victoire", analysait le vainqueur de Liège-Bastogne-Liège. "Ils m'ont attaqué mais je me sentais bien aujourd'hui (dimanche), malheureusement pour eux. C'était le bon jour pour m'attaquer, je pense, avec cette forte chaleur, mais j'ai bien répondu et mes équipiers ont bien contrôlé la course. Maintenant, il faut bien passer la deuxième journée de repos et continuer par la suite."
Tadej Pogacar ne semble pas trop diminué par la difficile première partie de la course au maillot jaune dont il reste le très solide leader à six étapes de l'arrivée.
"Le Tour a été très dur jusqu'ici pour plusieurs raisons, une première semaine très intense, avec des chutes, des incidents, une météo difficile, des étapes intenses et courtes", disait encore le Slovène. "Malgré tout, mon entraîneur me dit que j'ai les mêmes valeurs que l'an passé à ce moment du Tour, donc je suis confiant et satisfait."
À aucun moment, même lorsqu'il fut totalement isolé à quelques kilomètres du sommet du port d'Envalira, le leader du Tour n'a montré le moindre signe de fébrilité.
"Je n'ai pas eu peur", disait encore Pogacar. "Mes équipiers avaient roulé toute la journée devant, comme les autres jours de ce Tour. Au milieu de l'étape, j'ai parlé avec Rafal Majka. Il ne se sentait pas très bien, il éprouvait des difficultés à respirer, sans doute les suites de sa lourde chute de vendredi. Je vais être honnête, je me sentais confortablement installé et très bien dans la roue des Ineos…"
Le maillot jaune a même puisé des forces supplémentaires à la vue des siens dans le col de Beixalis.
"J'ai vu mes parents et ma famille sur le côté de la route, ça m'a donné le sourire. Il y avait beaucoup de monde mais je les ai aperçus, ce qui n'est pas toujours possible, au milieu de la montée. Ça m'a fait oublier la douleur."
Car Tadej Pogacar avoue malgré tout que tout n'est pas pour lui aussi facile qu'il n'y paraît.
"Je disais samedi que tout le peloton est fatigué, mais moi aussi, je le suis. On a vu qu'alors qu'on entame la dernière semaine de course, tout le monde est fatigué. Tous les coureurs ont moins de puissance et ça va encore être pire par la suite. C'est toujours comme ça dans un grand tour. Cela ne me fait pas peur cependant, je pense avoir passé le plus dur aujourd'hui. Avant le départ du Tour, ce qui m'inquiétait le plus, c'était la chaleur. Or, au terme d'une semaine dure avec de grosses chaleurs, je me sens bien. Bien sûr, on ne sait jamais comment ça va évoluer, comment vous allez réagir, mais j'aborde la dernière semaine du Tour avec énormément de confiance."
Dans le sillage de Tadej Pogacar, chacun se retrouve à sa place
Trois coureurs parmi ceux qui constituaient le top 10 du classement général, ce dimanche matin à Céret, au départ de l'étape, n'ont pas rallié l'arrivée en compagnie de Tadej Pogacar. Si Alexey Lutsenko a lâché une demi-minute au groupe des favoris qui passa la ligne d'arrivée dans le sillage de Wout van Aert et du maillot jaune, Guillaume Martin a encaissé le coup de barre le plus spectaculaire.
"Je m'attendais à souffrir après les efforts consentis hier (samedi), avouait le leader de la Cofidis qui avait profité de l'étape de samedi pour se hisser à la deuxième place du classement, à un peu plus de quatre minutes de Pogacar. "J'ai fini vraiment à la rupture dans le Port d'Envalira, heureusement qu'il y avait du vent de face pour temporiser par moments. Je n'étais plus assez lucide pour la descente. C'est très frustrant. Je me fais lâcher dans le premier virage de la descente, mais j'étais à fond, tout simplement. Ensuite dans la vallée, on n'était qu'à deux avec Mattia Cattaneo et forcément c'était compliqué, on était toujours à 20 secondes. On a déboursé pas mal d'énergie. Je me compare à lui, on est souvent ensemble depuis le début du Tour, je suis à mon niveau. De toute façon, je ne m'attendais pas à gagner le Tour. J'ai fait la fin avec les tripes. C'était une journée compliquée, mais je m'y attendais un peu. Si je prends les deux jours dans leur ensemble, ça reste deux journées pleines."
Même s'il fut parfois en retrait, Wilco Keldermann, lui, a fini dans le groupe des candidats à la victoire et au top 5. Le Néerlandais est remonté à la 6e place du général.
"Avant la dernière montée, mes équipiers m'ont vraiment bien aidé", disait pour sa part Wilco Keldermann. "Ensuite, c'est aux jambes de parler. J'ai beaucoup souffert dans le dernier col et j'ai eu du mal à suivre les attaques. Je me suis mis à mon rythme et j'ai réussi à combler l'écart sur le groupe maillot jaune. Je me sens assez bien, je n'ai pas perdu de temps et je suis optimiste pour la troisième semaine."