Une ex-nounou accusée de maltraitance
Un des bébés dont elle avait la garde souffre de séquelles neurologiques irréversibles.
- Publié le 23-04-2015 à 18h59
- Mis à jour le 24-04-2015 à 08h15

Un des bébés dont elle avait la garde souffre de séquelles neurologiques irréversibles. Après d'innombrables remises, une dramatique affaire de maltraitance d'enfants en bas âge a retenu, hier, l'attention du tribunal correctionnel de Tournai. À la barre, une ancienne gardienne à domicile doit se défendre de coups et blessures sur deux bambins dont l'un gardera à vie de graves lésions neurologiques.
À l'époque des faits, survenus en 2004, J. D., 51 ans, travaillait dans la région athoise pour le compte d'un service d'accueil de la petite enfance, également renvoyé pour non-assistance à personne en danger. "Les faits sont prescrits depuis le 7 mai 2009", a confirmé le ministère public tout en déplorant l'extinction de l'action publique. "Aucune peine ne pourra être requise mais le tribunal fera le maximum pour établir la vérité."
Le 6 mai 2004, un couple de Rwandais avait confié aux soins de la prévenue son petit garçon de huit mois. Vers 17 h 30, le papa a récupéré son fils chez la nounou, qui semblait contrariée. Plus inquiétant, le bébé gémissait et ses yeux étaient comme révulsés. Sa baby-sitter aurait mis cela sur le compte d'une grosse fatigue.
De retour chez lui, le père du garçonnet l'a mis au lit. Quand son épouse est rentrée, l'enfant vomissait et ses bras étaient raides ! Transféré dans un coma éveillé à l'hôpital reine Fabiola à Bruxelles, son pronostic vital sera d'abord réservé. Un collège d'experts a conclu au syndrome du bébé secoué qui se caractérise, entre autres, par des saignements de la rétine de l'œil.
Pour la substitut du procureur du Roi, la responsabilité de l'ex-gardienne est clairement engagée. Elle sollicite, par contre, l'acquittement de l'organisme qui l'employait. Quatre mois plus tôt, la prévenue avait reconnu avoir cogné la tête d'une fillette de six mois alors qu'elle changeait son lange. Le bébé avait présenté les mêmes symptômes mais sans en garder d'aussi lourdes séquelles.
Concernant l'autre victime plus atteinte, J. D. laisse entendre qu'elle a été balancée dans son maxi-cosi par un enfant plus âgé. Pour le ministère public, cette version n'est pas crédible. La partie civile chiffre le dommage à 100.000 €. Du côté de la défense, on plaide l'irrecevabilité des poursuites en rappelant que les deux victimes présentaient une légère hydrocéphalie avant d'être confiées à la garde de leur cliente.
La suite et la fin des plaidoiries sont programmées le 11 juin.
