Bruxelles: L'emploi, premier domaine de discrimination (INFOGRAPHIE)
Le travail représente 40 % des plaintes déposées auprès de l'Unia en 2016.
- Publié le 12-07-2017 à 11h16
- Mis à jour le 12-07-2017 à 11h28

Le travail représente 40 % des plaintes déposées auprès de l'Unia en 2016. La recherche d'un emploi peut parfois s'avérer difficile, notamment à cause d'un nombre important de discriminations potentielles en Région bruxelloise. C'est ce que confirme le dernier rapport du centre interfédéral pour l'égalité des chances (Unia). Cent vingt-sept plaintes ont été comptabilisées au cours de l'année dernière. Un chiffre en augmentation par rapport à ceux de 2015. C'est d'ailleurs le domaine de l'emploi qui occupe la première place du classement dans la Région (40 %). Rien d'étonnant selon l'Unia. "Cela reste une activité importante pour tout le monde. Quoi qu'on en dise, le travail reste un baromètre dans notre société. C'est quelque chose d'important à la fois socialement et financièrement. Ne pas avoir un job peut entraîner la précarisation, par exemple", explique Patrick Charlier, co-directeur de l'Unia.
Ce problème ne concerne pas seulement les personnes qui arrivent sur le marché de l'emploi. L'Unia a constaté des cas de discrimination au sein du parcours professionnel de certaines personnes. "Malheureusement, tout ne se termine pas une fois obtenu un job. On constate parfois des refus de promotion à cause de discriminations. Il faut veiller à cela en permanence", précise Patrick Charlier qui illustre. "P ar exemple, une personne n'a pas reçu son avancement de poste car elle avait été trop absente. Cependant, c'était à cause de son handicap."

Le secteur public représente la plus grande part de plaintes envoyées par les travailleurs à l'Unia au sein de la Région. 46 % des dossiers concernant l'emploi proviennent de cette branche. Un phénomène qui peut s'expliquer par deux raisons principales. Tout d'abord, la réglementation n'est pas toujours respectée concernant le nombre de travailleurs handicapés, par exemple. La conscientisation est aussi une explication, selon l'Unia. "Dans le public, il y a peut-être une plus forte propension à réagir face à l'injustice. C'est moins difficile de venir parler de ce genre de problème, de s'opposer à l'injustice", raconte Patrick Charlier.
Des chiffres qui sont toutefois à relativiser puisque de l'aveu même de l'Unia, le secteur public a une relativement bonne connaissance de l'institution, contrairement au reste du secteur de l'emploi. L'accès au logement (biens et services) est aussi connu pour ses difficultés liées à la discrimination. Cela concerne environ 8 % du total des plaintes envoyées en 2016, soit plus que certaines grandes catégories de secteur. Pourtant, le chiffre pourrait en réalité être plus grand. "C'est très important pour les gens d'avoir un toit, bien entendu. Par contre, il y a peut-être le risque d'avoir moins de plaintes déposées que de discriminations subies. Par exemple, si un propriétaire ne veut pas de vous. D'abord, vous n'avez pas toujours la raison. Deuxièmement, vous n'avez pas l'envie d'aller au bras de fer. Bien souvent, vous vous tournez vers un autre bien", estime Patrick Charlier.
Bien que ces chiffres soient en progression, la Région bruxelloise n'est pas une mauvaise élève puisque l'ensemble du pays a vu le nombre de discriminations grandir d'environ 20 %.