"C'est plus simple de percer à Genk"
- Publié le 23-12-2012 à 11h46
- Mis à jour le 23-12-2012 à 11h51

Jean Kindermans, le directeur du centre de formation d'Anderlecht, évoque la politique de jeunes en Belgique avant le choc
ANDERLECHT Genk-Anderlecht, ce n'est pas seulement l'affiche (avec Standard-Club Bruges) de cette 21e journée de championnat, c'est aussi un match qui se joue au quotidien entre deux clubs qui ont décidé de miser énormément sur la formation des jeunes pour continuer à survivre à l'échelle internationale. En compagnie du Standard, le Racing et le Sporting possèdent les plus beaux outils et les meilleurs arguments pour accueillir la crème du talent belge. Jean Kindermans, le directeur du centre de formation de Neerpede, nous a accueillis dans son bureau, situé juste à côté de celui d'Herman Van Holsbeeck, pour évoquer la politique anderlechtoise.
C'est l'heure des bulletins chez les jeunes partout en Belgique. Quelle cote donneriez-vous au Sporting en matière de formation ?
"Je lui donnerais une bonne cote. Anderlecht travaille bien depuis quelques années avec ses jeunes. Avec ce superbe outil qu'est le centre de Neerpede, on montre que c'est un domaine où l'on veut exceller."
Quels sont les objectifs du centre de formation ?
"On veut mettre un ou deux jeune(s) chaque année dans l'équipe A. Voilà notre objectif théorique. On n'y arrivera pas toujours mais il faut aussi regarder en profondeur. En quelques mois, Anderlecht a perdu deux très grands talents : Charly Musonda Junior parti à Chelsea et, avant cela, Adnan Januzaj qui a opté pour Manchester United. Cela perturbe un peu nos objectifs mais avec Dennis Praet et Massimo Bruno, nous prouvons qu'il y a encore beaucoup de talents chez nous. Et je ne veux pas oublier Mehdi Tarfi, Davy Roef et Jordan Lukaku qui viennent également de notre école."
À Genk, les jeunes formés au club sont plus nombreux qu'à Anderlecht. Cela signifie-t-il qu'on travaille encore mieux dans le Limbourg ?
"Non. Attention, je ne dis pas qu'on bosse mal à Genk, bien au contraire. Je veux juste dire qu'il est plus simple pour un jeune de percer là-bas que chez nous."
Pourquoi ?
"Parce que Genk ne doit pas être champion chaque année alors que c'est l'objectif du Sporting. Les jeunes peuvent donc arriver en équipe première avec moins de pression à Genk. De toute manière, il ne faut pas que regarder l'équipe première du club en question pour juger le centre de formation."
Que voulez-vous dire ?
"Le meilleur moyen de juger la qualité du travail à ce niveau, c'est de comptabiliser le nombre de joueurs qui passent pro. Anderlecht en forme beaucoup mais ils ne percent pas tous au Sporting. Certains trouvent leur bonheur à un niveau un peu moins élevé et d'autres nous quittent avant l'équipe première pour un grand club étranger."
Musonda et Januzaj partis, Praet et Bruno chez les A. Y a-t-il encore du talent chez les jeunes anderlechtois ?
"Bien sûr ! Un garçon comme Michaël Heylen, capitaine de nos Espoirs, évolue très bien. Pareil pour Oswal Alvarez mais on doit encore se montrer patient avec lui. Il ne peut de toute manière pas jouer de match officiel en équipe première avant ses 18 ans (NdlR : le 11 juin prochain). Quand on descend plus bas, on trouve aussi de grandes promesses. Chez les U14, nous avons un gardien incroyablement doué (NdlR : Mile Svilar, le fils de Ratko, ex-Antwerp)."
Anderlecht a pourtant dû mal à former des joueurs défensifs en règle générale, non ?
"C'est vrai. Vous connaissez comme moi la culture du Sporting. C'est un club qui aime attaquer en développant un beau jeu. Quand les jeunes arrivent ici, ils veulent aussi attaquer. Ils veulent jouer devant, voire au milieu offensif mais pas plus bas (rires). Cela dit, on a formé Vincent Kompany, le meilleur défenseur du monde."
© La Dernière Heure 2012
Suivez Genk-Anderlecht en direct commenté à 18h
