Mboyo : "Les cris de singe, je ne les tolère pas"

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Mboyo : "Les cris de singe, je ne les tolère pas"
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Pelé Mboyo nous a rencontrés au terme d'une journée complètement folle

C'est avec près de vingt minutes d'avance que Pelé Mboyo aura débarqué hier au lieu de rendez-vous fixé.

GAND "J'ai cru que j'allais me perdre ici. C'est beaucoup plus grand que ce que j'imaginais."

Il était alors passé 21 h lorsque l'ancien joueur de Charleroi pouvait enfin quitter les couloirs de la RTBF après y avoir livré sa version des faits. Ceux qui le virent ce week-end se faire insulter par les supporters gantois suite à un penalty raté. Ceux qui le virent aussi réagir maladroitement devant les insultes racistes qui lui étaient balancées. Ceux qui lui donnent aujourd'hui raison.

Pelé, pourquoi avoir attendu avant de réagir ?

"Quand je suis rentré chez moi, je n'ai même pas voulu regarder les images. J'étais persuadé d'avoir complètement disjoncté, ce qui ne m'était jamais arrivé par le passé. Finalement, je me suis forcé à visionner les images : j'ai commis une erreur, mais je croyais que c'était bien plus grave que cela. En plus, on s'était mis d'accord avec le coach pour attendre avant de réagir."

Bob Peeters n'a pourtant pas attendu le lendemain du match pour vous égratigner.

"On avait pourtant convenu de ne rien dire. Mais bon, c'est comme ça. Il est arrivé à Gand dans une situation compliquée. Je ne vais pas lui jeter la pierre."

En attendant, il vous a forcé à rendre votre brassard.

"Pas du tout. C'est moi qui l'ai décidé. Je voulais faire le premier pas envers les supporters. Leur présenter mes excuses et faire un geste fort, mais je n'irai pas au-delà."

Parce que les insultes racistes vous ont touché ?

"Cela avait déjà commencé à Zulte Waregem. Là-bas, on avait déjà entendu des cris de singe, mais je n'étais pas certain qu'ils m'étaient destinés. De toute façon, je n'étais pas le seul à être concerné. Quand vous voyez Brüls qui s'est fait bloquer par les supporters la semaine dernière. Quand vous voyez le car qu'ils ont plusieurs fois empêché de passer : vous vous dites qu'il y a eu une accumulation de faits que l'on ne devait pas accepter."

Pourquoi ne pas avoir prévenu la direction ?

"Parce que la direction le savait."

Et, comme aujourd'hui, elle a refusé de vous protéger.

"Tout le monde me connaît, je suis quelqu'un qui n'aime pas y aller par quatre chemins. Évidemment que je me suis un peu senti abandonné, mais je ne veux pas leur en vouloir."

Parce que vous tournez très vite la page ?

"Oui. Pour moi, l'affaire est déjà oubliée."

Comment pouvez-vous oublier aussi rapidement une affaire comme celle-là ?

"Parce que j'ai eu une vie difficile et que sans me mettre en avant, j'ai appris à relativiser. Ce n'est pas cela qui va me tuer. C'est comme cette histoire d'escorte policière dimanche à l'entraînement. Ils ont fait cela par précaution, mais je n'étais pas réellement menacé."

Vous pensez toujours que ce sont les mêmes supporters qui vous applaudissaient il y a trois semaines ?

"Évidemment. Je reconnais même certains visages. Quand vous les voyez en groupe, ils sont prêts à vous insulter, mais lorsque vous les croisez individuellement en ville, ils sont les premiers à vous demander des autographes."

Les supporters vous reprochent aussi de ne pas parler le néerlandais.

"C'est vraiment n'importe quoi. J'ai toujours tout donné pour ce club. J'ai été le meilleur buteur du club la saison passée. Je le suis de nouveau cette année. Je suis entre guillemets international. Ils devraient être fiers de moi !"

Pourquoi êtes-vous international entre guillemets ? Marc Wilmots vous a-t-il appelé lundi ?

"Je suis international entre guillemets parce que je mesure bien le chemin qu'il reste. Je ne suis encore nulle part. Et Marc ne m'a pas appelé. Il a voulu rester en dehors de tout cela et il a bien fait."



© La Dernière Heure 2012


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