Mboyo : "Je ne suis pas un chien"
- Publié le 10-12-2012 à 12h55

La police doit désormais escorter Pelé Mboyo, menacé malgré ses excuses
GAND Dimanche à Gand : des voitures de police encerclant le complexe d'entraînement. Un Pelé Mboyo obligé de quitter le centre sous escorte policière pour éviter tout incident. Et, au milieu du désordre, un malaise évident.
Tout avait commencé la veille lors de la défaite des Gantois face à Waasland-Beveren. Après avoir raté un penalty en début de partie, petit Pelé allait ensuite disjoncter. Sous les sifflets des supporters, le capitaine se rendit plusieurs fois coupable de gestes déplacés. En leur ordonnant de se taire d'abord, en les incitant à le huer plus fort par après : "Si j'avais encore eu droit à un changement, je l'aurais immédiatement sorti", pestait samedi Bob Peeters. "Surtout pour le protéger contre lui-même."
Mais en prononçant ces mots en conférence de presse, le grand Bob ne savait pas encore que l'affaire ne faisait que commencer. Appelé à coup d'insultes par les supporters au terme du match, Mboyo avait au même moment choisi de retourner sur le terrain pour s'y expliquer. Et s'y excuser : "Je sais que je ne devais pas faire cela. Mais rater un penalty, cela peut arriver. Je me donne toujours à 100 % pour l'équipe. Je vous respecte mais essayez aussi de me respecter."
Tout aurait pu, tout aurait dû en rester là. Après avoir disjoncté, Mboyo semblait en effet tout faire pour rebrancher la prise. Mais la tentative de réconciliation allait alors échouer. "Parle en néerlandais", "Dégage", "Va te faire foutre" furent sans doute parmi les quolibets les plus modérés que le noyau dur des supporters gantois se mit ensuite à lancer.
Insulté de toute part, Mboyo ne fit alors que se défendre : "Vous me traitez comme un chien ! Vous n'avez pas le droit de faire cela. Si vous trouvez que je ne suis pas assez bon, je n'ai aucun problème à m'en aller. Vous voulez que je parte ? Vous voulez que je remette mon brassard ? Allez le dire à Michel Louwagie. Et s'il le décide, je m'en irai."
La folie allait pourtant continuer. Dans la journée de dimanche, des menaces sérieuses circulaient parmi les groupes de supporters. Avec, parmi les plus fêlés, l'idée de faire la peau à Pelé Mboyo. Des bruits suffisamment nombreux pour que la police les prenne alors au sérieux en mettant en partie le capitaine sous protection.
Aujourd'hui, le joueur présentera officiellement ses excuses et proposera de son propre chef de remettre son brassard. La direction gantoise et Michel Louwagie pourraient y ajouter une sanction sportive en sachant pertinemment qu'ils se priveraient de leur meilleur joueur. Un choix risqué à l'aube du mercato de janvier (NdlR : Mboyo intéresse plusieurs clubs anglais). Gand vit désormais sur un volcan.
© La Dernière Heure 2012
