Pour Thierry Henry, c'est un retour à la case départ : "Soit tu gagnes, soit tu apprends"
Pendant trois ans, Thierry Henry s'est familiarisé avec la dure vie de coach principal et a découvert l'échec.
- Publié le 30-05-2021 à 20h58
- Mis à jour le 01-06-2021 à 19h44

La mélancolie du bon vieux temps peut vous pousser à arpenter de nouveau les chemins qui ont fait connaître vos plus grands succès. Deux décennies après s'être révélé à Monaco, Thierry Henry revenait sur le Rocher pour enfiler son nouveau costume d'entraîneur. C'était l'objectif avoué. En quittant les Diables rouges en octobre 2018, l'ancien international français souhaitait prendre du galon et devenir T1. L'opportunité venue de la Principauté l'avait logiquement convaincu de quitter le plat pays.
Dans un environnement compliqué en pleine saison catastrophique pour l'ASM, le natif des Ulis a manqué sa première mission. Nommé le 13 octobre 2018, l'ancien buteur d'Arsenal a été démis de ses fonctions trois mois plus tard. À son départ, Monaco est avant-dernier de Ligue 1 avec quinze points au compteur et en grand danger dans la lutte pour le maintien. Les deux maigres victoires arrachées face à Caen et Amiens ne pèsent pas lourd dans le bilan, en face des trois nuls et des sept défaites subies depuis sa prise de pouvoir.
Son baptême du feu est un désastre. Sa mauvaise relation avec son vestiaire le pousse à sa perte, à tel point que des cadres plaideront sa mise à l'écart auprès de la direction quelques heures avant son licenciement. Il est étonnant de constater qu'en France, le T2 de la sélection nationale n'ait pas réussi à s'entendre avec son groupe alors que c'était l'un de ses points forts avec les Diables.
C'est bien là que se situe toute la différence entre les deux fonctions qu'il a occupées. Le Francilien n'a jamais accepté à Monaco que son groupe ne puisse pas atteindre le niveau qu'il avait lors de son passé de joueur. Cette difficulté n'existait pas à Tubize, vu la génération dorée ô combien talentueuse. "C'est comme tout : c'est soit tu gagnes, soit tu apprends. Et j'ai toujours beaucoup plus appris dans la difficulté que dans la facilité. C'est quand tu es dans le dur que tu sais de quoi tu es fait", réagira-t-il en janvier dernier.
Sa deuxième expérience à l'Impact Montréal se passe un peu mieux, sans que cela ne soit pour autant flamboyant. Les Canadiens encaissent beaucoup de buts et leur défense est la plus mauvaise de la MLS la saison dernière. Le football pratiqué est offensif et les supporters prennent du plaisir. Il ne parvient toutefois pas à amener sa formation en playoffs, contrairement à sa première saison là-bas, à cause d'une défaite en barrages face à New England Revolution (1-2).
Quinze mois après son arrivée, le champion du monde 1998 rend son tablier en février dernier en raison de la pandémie qui l'empêche de voir ses enfants. Entre-temps, son nom a été cité à Bournemouth et au Celtic Glasgow sans que ces rumeurs ne se vérifient. Près de trois ans après son départ, Thierry Henry retourne à la case départ. Il ne l'avouera pas mais cela ressemble à un aveu d'échec...