De Bruyne donne des sueurs froides à Martinez: "Son indisponibilité dépendra d'une possible intervention"
Le Diable est sorti sur blessure lors de la finale de la Ligue des champions. Mais il est enthousiaste pour l'Euro.
- Publié le 30-05-2021 à 19h44
- Mis à jour le 31-05-2021 à 12h06

L'image fait peine à voir. 57e minute de la finale de la Ligue des champions entre Manchester City et Chelsea, Kevin De Bruyne se déplace et percute violemment le mur Antonio Rüdiger. Pendant trois longues minutes, le Diable rouge reste au sol. La tension est palpable. Pep Guardiola retient son souffle. Roberto Martinez certainement aussi. Finalement, le maestro des Skyblues quitte la pelouse en larmes. Puis assiste impuissant, avec un beau coquard, à la défaite de son équipe sur l'unique but de Kai Havertz.
Ce qui devait être sa finale s'est donc arrêté brusquement. Comme son rêve de soulever le trophée pour sa première finale de Ligue des champions. Critiqué pour la dangerosité de son geste, le défenseur allemand a rapidement tenu à s'excuser. "Je suis vraiment désolé pour lui. Bien sûr, ce n'était pas dans mon intention de lui faire mal. J'ai déjà envoyé un message personnel à Kevin et je lui souhaite vraiment un prompt rétablissement ."
Ce dimanche, les différents examens qu'il a dû effectuer ont un peu rassuré les supporterse des Diables rouges. Sur les réseaux sociaux, le joueur a lui-même annoncé la nouvelle. "Je viens de rentrer de l'hôpital. Le diagnostic est une fracture du nez et de l'orbite. Je me sens bien, mais je suis toujours déçu d'hier. Nous reviendrons…"
Plutôt optimiste, le joueur n'a pas laissé planer le doute sur sa participation à l'Euro. Kevin De Bruyne sera-t-il présent ? À l'heure actuelle, difficile de répondre à la question même si la tendance est plutôt positive.
"Son indisponibilité dépendra d'une possible intervention"
"Ce genre de blessure est compliqué", commence un médecin ORL des cliniques universitaires Saint-Luc, spécialisé en chirurgie cervico-faciale. "S'il n'y a pas eu de déplacement, il pourrait jouer. Il faut également voir si c'est le haut ou le bas de l'orbite qui est touché. En ayant visionné les images, j'aurais tendance à dire qu'il s'agit du bas, ce qu'on appelle le plancher orbitaire. Dans ce cas-là, il pourra jouer avec un masque sans aucun problème."
L'autre interrogation : aura-t-il besoin d'une opération ? "Son indisponibilité dépendra d'une possible intervention ou non. Car il pourrait jouer avec un masque en carbone si il n'y a que son nez qui est cassé. En revanche, si l'installation d'une plaque est nécessaire au niveau du plancher orbitaire, cela me paraîtrait vraiment risqué de jouer. Bien sûr, ce n'est pas interdit. Mais clairement, c'est à ses risques et périls."
Dans ce genre de cas, le risque est forcément élevé. S'il prend un coup au niveau facial, tout le château de cartes pourrait s'écrouler et son Euro pourrait être terminé. "Avec les éléments en notre possession, sa participation n'est pas exclue. Si c'était une fracture de la jambe ou une rupture du tendon d'Achille comme Witsel, les carottes seraient cuites. Ici ce n'est pas le cas. Cela va surtout dépendre de la stratégie qu'ils vont mettre en place les prochains jours. Normalement, s'il faut faire une opération chirurgicale, cela doit être fait très rapidement. Au plus tard demain ou après demain."
L'Union belge ne s'est toujours pas prononcée sur le dossier. Ce lundi, on devrait en savoir davantage sur la durée d'indisponibilité (ou non) du Diable rouge.
L'inconnue du masque
S'il peut jouer, cela passera de toute façon par un masque. Avec toutes les contraintes que cela induit. "Mais cela n'est pas douloureux", tempère le médecin. "Les phénomènes inflammatoires et les douleurs qu'il ressentira seront surtout pour les premiers jours. S'il doit jouer dans dix jours, cela n'entraînera pas de douleurs."
En revanche, on peut se demander comment le joueur va supporter ce masque. "La contrainte est réelle mais certains joueurs s'accommodent plus facilement que d'autres de ce genre de problèmes. S'il s'agit du plancher orbitaire, le masque ne devrait pas le gêner en cas de duel aérien par exemple. Clairement, c'est une contrainte. Mais ce sont des sensations personnelles. Va-t-il oser aller au duel comme avant ? Sera-t-il à 100 % lorsqu'il va devoir hausser le ton physiquement ? Il va falloir lui poser la question car je ne peux pas répondre à sa place. Mais connaissant le tempérament du joueur, je crois que cela ne devrait pas poser de problème."
Pour Roberto Martinez, cette nouvelle est évidemment un coup dur. Car avec ou sans De Bruyne, la Belgique n'a plus le même visage. D'autant plus que Pep Guardiola avait bien économisé le Diable rouge en cette fin de saison. Entre le 3 avril et le 23 mai, il n'avait été titularisé que deux fois en Premier League. KDB avait notamment été brillant contre Everton lors de la dernière journée de championnat avec un but et un assist. En 40 rencontres toutes compétitions confondues, il a distribué 18 caviars et fait trembler dix fois les filets adverses. Ce qui signifie que le joueur est décisif toutes les 108 minutes cette saison.
C'est donc un euphémisme de dire que le Gantois a eu une incidence directe sur l'excellente saison de son équipe. Et ce malgré plusieurs blessures. Car il s'agit déjà de sa quatrième pour la cuvée 2020/2021. Ce qui lui a fait manquer 13 rencontres cette année. Si deux de ses différents pépins étaient surtout liés à des problèmes musculaires, KDB a connu un problème à la cheville en avril. Ce contact avec N'Golo Kanté en demi-finale de FA Cup avait donné des sueurs froides à ses deux entraîneurs catalans. Finalement, le meneur de jeu était revenu miraculeusement contre le PSG en C1 quelques jours plus tard où il avait également été éblouissant.
Heureusement pour lui comme pour la Belgique, De Bruyne a tendance à revenir rapidement à son meilleur niveau après ses blessures. À onze jours du premier match contre la Russie, les Diables rouges et Roberto Martinez croisent les doigts. Tout comme les millions de supporters belges…
Comme KDB, eux aussi ont connu le masque
S'il pose un masque sur son visage, Kevin De Bruyne ne sera pas un précurseur. Son bourreau, Rüdiger, en portait justement un au moment où il a assommé le Diable rouge. Le premier à en avoir mis un n'est autre que Paul Gascoigne. En 1994, il s'était fracturé la pommette mais avait pu disputer la Coupe du monde américaine. Plus récemment, d'autres grandes stars du ballon rond comme Kane, Cech, Ramos, Fabregas ou encore Lewandowski ont dû en porter un. KDB pourra aussi discuter de cette technique avec un autre Diable rouge. En effet, Jan Vertonghen, alors à Tottenham, avait également dû jouer avec un masque transparent après avoir subi un énorme choc lors de la demi-finale légendaire contre l'Ajax, en 2019.
Généralement, les joueurs ne sont pas absents bien longtemps grâce à cette technologie innovante. Du moins tant qu'il n'y a pas d'opération. Il pèse 65 grammes et contient une doublure intérieure rembourrée pour amortir d'éventuels chocs. Il est conçu à partir de fibre de carbone, un matériau dix fois plus résistant que l'acier.