Mirallas à propos des Diables: "Ce groupe vit vraiment bien"

Mirallas réfute le lieu commun. Lui loue l'état d'esprit des Diables dont il est l'un des garants avec son habitude de beaucoup chambrer ses partenaires.

Envoyé spécial en Angleterre > Jonathan Lange
Mirallas à propos des Diables: "Ce groupe vit vraiment bien"
©belga

Dans un coin du foyer des joueurs, les yeux rivés sur un écran plasma, Nikica Jelavic se détend en pianotant sur son smartphone avant de retrouver les siens.

Dans dix jours, l'attaquant croate, passé par Zulte Waregem, sera face à Kevin Mirallas pour ce fameux match décisif à Zagreb. "On en a parlé juste une fois 5 minutes. Il m'a dit que c'était un match vraiment important pour eux dans le sens où ils sont obligés de gagner. Mais je lui ai fait comprendre que nous, on allait là-bas pour gagner car c'est mieux de gagner en Croatie comme cela, on ne se mettra pas la pression contre le pays de Galles", précise le Liégeois, dernier buteur des Diables en Écosse en sortant du banc. Un but comme un symbole : celui de sa maturité. Avec humilité, Mirallas est le premier à la reconnaître.

Kevin, est-ce que ce rythme de trois matches par semaine vous laisse le temps de penser aux prochaines échéances avec la sélection ?  "Là, oui, on y pense beaucoup car on est à un pas du Mondial. Je suis vraiment excité, j'ai vraiment hâte d'être au rassemblement. La famille n'arrête pas non plus : 'ça y est, vous y êtes, comment ça se passe pour la famille pour y aller ? ' Ma femme me demande tous les jours. On n'arrête pas d'y penser."

Revenons au dernier match à Hampden Park. Vous ne l'avez pas caché, vous étiez fâché de ne pas commencer le match puis il y a eu ce but après lequel vous avez déclaré : "J'ai envie de montrer que je suis présent et que je ne veux pas lâcher mes équipiers. Même si je n'ai que 10 minutes, je dois montrer que je suis content d'être là". C'est cela, le nouveau Kevin Mirallas ?

"Oui. Comme je l'ai dit, les 10 minutes suivant la théorie, j'étais assez nerveux. Mais j'ai parlé avec Daniel (Van Buyten) , ma femme. Je représente mon pays : je ne peux pas me permettre de rentrer 10 minutes et de faire n'importe quoi. Il y a une qualification en jeu, tout un pays qui attend cela, il faut y penser."

Vous auriez tenu le même discours il y a 4 ou 5 ans ? 

"Non, j'aurais boycotté ces 10 minutes." (sourire)

Vous avez marqué en sortant du banc. N'y a-t-il pas malgré tout une sorte de frustration dans ce rôle de joker ? 

"Si. Mais le coach a été joueur et sait ce que c'est. Ce qui est bien avec lui, c'est qu'on va avoir une discussion d'homme à homme ensuite. Il a vu à mon visage que j'étais dégoûté. Ce qui est normal, c'était comme les autres qui ne jouaient pas. Ils étaient autant dégoûtés que moi. Le coach est tout de suite venu me parler, cela m'a fait du bien. Je lui ai dit que je ne lâcherai pas, que si je devais rentrer, j'allais marquer. C'est ce qu'il m'a dit et c'est ce qu'il s'est passé. Avant le match, j'étais en train de mettre mes chaussures et il m'a dit 'ce sont tes chaussures qui vont te faire marquer '. Je lui ai dit : ' si je joue, c'est sûr' . Il a rigolé et m'a dit de me tenir prêt."

 Vous y avez pensé au moment de rentrer ? 

"On va dire que j'étais quasiment sûr que j'allais rentrer. Mais je ne savais pas quand. Quand il m'a appelé, j'ai regardé le marquoir, il ne restait pas beaucoup de temps. Le peu de ballon que tu vas avoir, il faut y aller à fond."

Cet état d'esprit, celui des remplaçants est aussi révélateur de l'état d'esprit positif qui anime le groupe… 

"Oui. Je trouve qu'on n'en parle pas assez : les joueurs qui ne commencent pas ont un très bon état d'esprit. C'est ce qui fait avancer le groupe. Les joueurs qui commencent savent que ceux sur le banc attendent avec des crocs pour prendre leur place. Donc eux font le boulot sur le terrain et idem quand le remplaçant rentre. Et il y a une bonne ambiance : quand on marque, tout le monde est content."

Le banc presque plus que ceux qui sont sur le terrain… 

"Quasiment, oui. C'est super. On a une super génération. Des gens essaient de trouver des problèmes parce que tout est rose chez nous. Mais il n'y en a pas, il n'y en a pas." (il insiste en souriant)

Donc contrairement à ce que l'on entend parfois dans le monde du football alors que ce n'est pas forcément le cas, ce groupe vit bien. 

"Oui, là, c'est vraiment le cas. En club, on le dit souvent. Sauf que quand la porte est fermée, il se passe des choses. En équipe nationale, s'il y avait une petite souris… Franchement, il se passe des trucs exceptionnels." (rires)

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