Poco à propos des Diables: "Etre pote ne nous empêche pas de nous dire nos vérités"

Le Liégeois connaît certains de ses coéquipiers en sélection depuis toujours ou presque. Des liens forts existent, renforcés par les performances mais aussi par Marc Wilmots. Mais, selon lui, la sincérité des joueurs est une des clefs de la réussite actuelle du groupe où il espère voir son importance s'accroître.

J. Lange
Poco à propos des Diables: "Etre pote ne nous empêche pas de nous dire nos vérités"
©BELGA

Sébastien Pocognoli n'a pas à se forcer pour le reconnaître. "Ce groupe, c'est le meilleur que j'ai connu", explique le Liégeois qui le résume en deux mots : "talentueux et professionnel" avant de décrire quelques-uns de ses ressorts de fonctionnement.

Sébastien, quelle est l'ambiance lors du premier jour des regroupements ?

"En fait, c'est comme une bande de potes qui se retrouvent. Chacun prend des nouvelles de l'autre. Quand quelque chose s'est bien passé pour un joueur, je le félicite parce que moi je suis fier de voir mes coéquipiers faire des bonnes choses. On prend plaisir ensuite à l'entraînement. Souvent, la première séance est ludique. Après, le deuxième jour, ça bosse. Et puis on est bien pris en charge et on arrive à chaque fois avec beaucoup de plaisir en équipe nationale. Mais, les retrouvailles, à chaque fois, c'est comme si on ne s'était pas quitté. On a vécu aussi un super stage à New York qui a beaucoup resserré des liens qui étaient déjà forts. Cela nous a permis de vivre encore des choses plus particulières en dehors du terrain. C'était super. Sinon, les retrouvailles, cela fait 10 ans que je joue avec certains. Ce sont mes potes…"

Les Diables forment donc ce fameux groupe qui vit bien…

"Oui. Maintenant, on est pote, c'est bien. Mais sur le terrain, cela ne nous empêche pas de nous dire nos vérités. Et je pense que c'est la clef aussi. Potes, c'est bien. Mais il faut faire la part des choses sur le terrain. Chacun se bat pour avoir sa place et pour l'équipe. C'est le plus important. Il y a presque 10 Liégeois dans l'équipe, des anciens de Genk. Moi, j'ai fait les 2 clubs plus tous ceux qui ont joué aux Pays-Bas… Cela me fait un grand réseau d'expérience commune plus ceux que j'ai connus en équipe de jeunes avec les JO. Le gros noyau, on a vécu pas mal de choses ensemble."

La vie du groupe en dehors du terrain peut-elle faire la différence à certains moments sur le terrain ?

"Disons que cela peut apporter des petits pour cent à certains moments. Mais il faut d'abord de la qualité. Et elle est là. Cette assurance vient aussi avec le fait que les joueurs ont conscience qu'ils sont forts, qu'ils sont dans des grands clubs. On a une bonne génération avec des garçons qui ont les pieds sur terre. Mais on est obligé d'être comme cela. Si tu n'es pas à 150 % dans un club comme Manchester City, Arsenal ou le Bayern, tu ne joues pas. C'est devenu la norme en fait de se battre dans un grand club, avec la discipline sur et en dehors du terrain qui te permet d'avoir ta place. Et après, on amène cela en équipe nationale et cela se fait automatiquement."

Dans le groupe, vous êtes nombreux à parler de l'importance des plus anciens comme Daniel Van Buyten, Timmy Simons…

"Ils sont très importants. Des garçons comme Daniel, Timmy, j'espère qu'il y aura encore Jean-François, ce sont des gars qui ont la trentaine et apportent leur expérience, leur savoir -faire, leur petit mot de temps en temps pour conseiller car même si on a un peu de vécu, on n'en aura jamais autant qu'eux en ont pour le moment. C'est nécessaire pour trouver le juste milieu avec la nouvelle génération qui arrive avec Bakkali, Lestienne, Thorgan, Casteels. Et leur rôle dans le groupe, au-delà de ce qu'ils apportent sur le terrain où ils font leur match, est dans leur vécu. Eux ont vécu des Coupes du Monde, le reste pas. C'est important pour aborder une grande compétition si on y va."

Vous trouvez qu'on a tendance à minimiser leur importance ?

"Les joueurs, non. Les gens ne voient que ce qu'il se passe sur le terrain. C'est vrai que Timmy ne joue pas autant que d'habitude. Mais si on fait appel à lui, il va se donner à 150 %. Daniel joue beaucoup en ce moment et a toujours fait des bonnes prestations. C'est comme en club : c'est important d'avoir des anciens. Je ne vais pas dire que cela rassure, mais il y a l'expérience. Il faut vivre dans le groupe pour le sentir. C'est très important."

Comme peut l'être la cohésion des remplaçants. Que ce soit face à l'Écosse ou en Serbie, les joueurs sur le banc de touche était presque plus heureux que ceux sur le terrain…

"Oui. C'est incroyable. Mais c'est parce qu'il y a tellement de qualités que pour le moment, tu pourrais sélectionner 30 joueurs. Être déjà dans les 23 est une belle récompense par rapport à ton travail. Le 11, c'est encore mieux. Je me souviens des matches où le banc a fait la différence, je me dis qu'il y a tellement de qualités que même ceux qui sont sur le banc ont envie de montrer qu'ils peuvent participer à cette belle aventure. C'est la marque des grandes équipes. Le banc est là, il est presque sur le terrain quand il y a un but. Il y a une grosse cohésion avec le staff médical et technique. C'est une vraie équipe. Et Marc Wilmots a joué un grand rôle. Les résultats font beaucoup aussi pour souder un groupe. Mais il a l'expérience, il sait qu'il a un bon groupe et comment le gérer. Il a évolué dans une grande équipe à Schalke, il a joué une Coupe du Monde. Et nous, cette expérience, on ne l'a pas."

Vous dites qu'être dans les 23 est déjà une belle récompense, mais quand on est compétiteur comme vous, on veut être sur le terrain...

"Bien sûr. Le fait d'être ici à Hanovre permet d'avoir un peu plus de poids dans le groupe et me permet d'avoir un peu plus mon mot à dire. C'est un club ambitieux comme je peux l'être. C'est une belle aventure car j'arrive dans mes meilleures années et il va falloir compter sur moi chez les Diables. Je suis prêt à répondre présent quand on fera appel à moi, je suis prêt à me battre pour prétendre à une place."

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