Wilmots: grande dis après un an
- Publié le 11-06-2013 à 08h07
- Mis à jour le 20-06-2013 à 12h05

Après 13 matches, il a propulsé la Belgique dans le Top 10. La ferveur est immense
BRUXELLES La date de la victoire de la Belgique face à la Serbie est assez symbolique. Le 7 juin, c'est exactement un an après la désignation officielle de Marc Wilmots comme entraîneur fédéral. Qu'est-ce que Wilmots a réalisé en un an ? Voici son bilan brillant. Au niveau des résultats, il a battu tous les records. Même ceux de Raymond Goethals et de Paul Van Himst. De ses 13 matches, il en a gagné 9. Mais il a surtout obtenu un 19 sur 21 en matches de qualification. C'est du jamais-vu pour la Belgique!
Ses seules défaites – 1-0 en Angleterre et 2-1 en Roumanie –, il les a subies en matches amicaux. Et il en a été malade.
Wilmots a réintroduit la culture de la victoire. La meilleure preuve : la Belgique va grimper à la 10e place du classement Fifa. Quand Wilmots a repris l'équipe de Georges Leekens, notre pays était 21e. Dès qu'il a plongé dans le Top 20, Wilmots a déclaré : "Mon but, c'est de rentrer dans le Top 10." C'est chose faite grâce aux cinq victoires de suite.
Au niveau tactique, Wilmots en a surpris plus d'un. Même au sein de la Fédération, d'aucuns nourrissaient des doutes. Pourquoi n'avait-il pas réussi à Saint-Trond ? Pourquoi son passage à Schalke a-t-il été de si courte durée ? Pourquoi les grands clubs ne l'ont-ils pas embauché ?
En un an, Wilmots a mis les points sur les i. Il a fait de Witsel son numéro 6 fixe et de De Bruyne un titulaire indiscutable. C'est lui qui est parvenu à faire jouer Hazard comme il le fait en club. C'est lui qui a enfin trouvé un centre-avant – Benteke – qui marque.
Sa tactique – souvent un 4-3-3 – est claire pour tout son groupe. Et son équipe de base est souvent la bonne. Wilmots ne change pas pour changer. Seuls quelques joueurs sont sûrs d'être titulaires s'ils ne sont pas blessés ou suspendus : Courtois, Kompany, Vermaelen, Vertonghen et Witsel. Depuis quelques matches, Chadli, De Bruyne, Hazard et Benteke sont aussi des valeurs sûres.
Les autres savent que Wilmots compte également sur eux. "Mes réservistes vont faire la différence." Combien de fois Wilmots n'a-t-il pas prononcé cette phrase ? Mertens, Lukaku ou Guillaume Gillet auraient bien sûr préféré jouer contre la Serbie. Mais personne n'a montré sa mauvaise humeur. Pendant le tour d'honneur après la Serbie, les réservistes étaient aussi fous de joie que les titulaires.
Wilmots est parvenu à réunir tout le monde autour de l'équipe nationale : ses joueurs (dont plusieurs vedettes mondiales), son staff, la Fédération, les supporters et… le pays. Vendredi, on aurait dit que la Belgique avait gagné son premier match au Mondial. La ferveur qui règne actuellement en Belgique autour de son équipe représentative est unique. Son architecte s'appelle Wilmots.
En tant que joueur, il parvenait déjà à se surpasser. En tant que coach, il exige de ses joueurs qu'ils aillent au-delà de la limite de la douleur. Vincent Kompany a appliqué le message de son coach au pied de la lettre. Il a joué plus d'une heure avec un nez cassé, une fissure de l'orbite et une commotion.
"Marc Wilmots aurait dû être nommé entraîneur fédéral beaucoup plus tôt." C'est Robert Waseige qui l'a toujours prétendu et il a sans doute raison.
Serions-nous allés à l'Euro 2012 avec Wilmots ? Impossible à dire. En tout cas, notre coach fédéral doit être dans le Top 3 des Belges les plus populaires du moment. Avec Kompany et Hazard.
© La Dernière Heure 2013
