Mollema, Mister solo : "Le bon moment pour poser son attaque "
Comme lors de sa première victoire d'étape sur le Tour en 2017, le Néerlandais s'est imposé samedi au bout d'un vrai numéro de soliste.

- Publié le 10-07-2021 à 19h05
- Mis à jour le 10-07-2021 à 22h29

On pourrait peut-être bientôt voir apparaître un nouveau terme dans le jargon toujours fleuri du monde cycliste. Vainqueur dans les rues de Quillan au bout d'un solo d'un peu plus de quarante kilomètres, Bauke Mollema s'est offert samedi sa seconde étape sur le Tour de France après un succès conquis dans les mêmes circonstances en 2017.
Parmi les dix-sept victoires qui noircissent son palmarès pro, il faut remonter à 2015 pour trouver la trace d'une épreuve au bout de laquelle le Néerlandais a levé les bras en présence d'autres coureurs. Les onze derniers bouquets glanés par celui qui avait pris la sixième place du classement général du Tour en 2013 l'ont tous été au terme d'un dernier effort solitaire. S'imposer de la sorte sera ainsi bientôt décrit comme "faire une Mollema"…
"L'une de mes qualités est de savoir géré mes efforts dans un final, souriait le coureur de chez Trek-Segafredo. Je me connais plutôt bien. Et lorsque mes compagnons de fuite me laissent un avantage de trois ou quatre secondes, il est souvent compliqué pour eux de me rejoindre ensuite. Ma réussite dans cet exercice n'est pas que de la chance, je vous assure (rires). Il faut choisir le bon moment pour poser son attaque, lire dans le coup de pédale ou les yeux de vos adversaires qu'ils sont émoussés et que c'est le moment le plus opportun pour passer à l'attaque."
Pour décrocher sa troisième victoire de la saison (après une étape du Tour des Alpes Maritimes et le Trofeo Laigueglia), l'ancien vainqueur du Tour de Lombardie (2019) n'a toutefois pas fait confiance qu'à son instinct.
"Dès mon arrivée en Bretagne pour le Grand Départ de ce Tour, j'ai pris le soin d'étudier plus attentivement le livre de route de cette édition et ai rapidement pointé cette quatorzième étape que je savais correspondre à mes qualités. Elle proposait un relief suffisamment escarpé et semblait promise à une échappée. Comme tout se joue désormais sur d'infimes détails dans le cyclisme moderne, j'ai passé pas mal de temps sur mon ordinateur afin d'analyser le parcours sur Google maps. Même si je n'en avais pas effectué la reconnaissance sur mon vélo, je connaissais donc très bien la finale et savais ce qui m'attendait."
Une connaissance du tracé et de lui-même qui a même poussé Mollema à évoluer sans un compteur dont les données captivent pourtant souvent une majeure partie du peloton. "Je le place le plus souvent dans ma poche arrière au cas où je souhaiterais tout de même jeter un œil sur certaines infos, mais je préfère rouler à l'ancienne et me fier à mes sensations."
Le meilleur des baromètres visiblement.