Le coup de gueule de Christophe, conducteur wallon de la Stib : "avec la taxe kilométrique, on se dirige droit vers un bain de sang social"
Christophe Frantzen, originaire de Tihange, est conducteur au dépôt Delta depuis presque 24 ans. Il envisage de travailler hors de Bruxelles suite aux mesures prises en matière de mobilité.

- Publié le 18-12-2020 à 13h43
- Mis à jour le 18-12-2020 à 18h00

Projet de taxe kilométrique, zone de basses émissions, stationnement payant. Les mesures prises par les autorités bruxelloises en matière de mobilité commencent à faire beaucoup pour Christophe, chauffeur de bus au dépôt Delta de la Stib.
"Je vais devoir acheter une nouvelle voiture début 2022 car mon véhicule ne correspondra plus aux normes de la zone de basses émissions, la taxe kilométrique va me coûter plus cher qu'actuellement et le parking Delta sera payant à partir de l'année prochaine. Cela commence à faire beaucoup de frais pour venir travailler à Bruxelles !", déplore Christophe, conducteur de bus depuis près de 24 ans et originaire de Tihange dans la province de Liège.
Selon lui, les autorités bruxelloises mettent la charrue avant les bœufs en prenant des mesures fortes en matière de mobilité, alors que les alternatives font défaut. "Personnellement, je ne peux pas prendre le train car mon quartier est mal desservi et cela me prendrait trois heures pour venir travailler à Bruxelles. A la Stib, nos horaires varient régulièrement et je commence souvent à travailler à 5h du matin. Il m'est donc impossible de me séparer de ma voiture."
Aujourd'hui, Christophe envisage de trouver un emploi en dehors de Bruxelles. "J'envisage d'arrêter de travailler dans la capitale et je suis en train de voir pour postuler du côté des TEC car je ne trouve pas ça normal de devoir payer encore plus pour aller travailler ! La situation est désespérante. Les politiques sont totalement déconnectés de la réalité et on se dirige tout droit vers un bain de sang social avec ces mesures prises qui font tout pour fuir Bruxelles."
Depuis l'habitacle de son bus, Christophe a été témoin de situations aberrantes. "Un exemple frappant est la fermeture partielle du bois de la Cambre, que j'emprunte lorsque je conduis le bus 41. Il est fréquent de voir des ambulances de Saint-Elisabeth qui doivent intervenir du côté du cimetière d'Ixelles et qui se retrouvent bloquées au niveau de la chaussée de la Hulpe. C'est tout simplement criminel ! Il n'est pas normal que les pompiers de Delta qui doivent aller à Uccle doivent faire le tour de Bruxelles."
Selon lui, les mesures prises vont conduire à une désertification de Bruxelles. "Si moi je suis patron et que mes employés n'ont pas de place de stationnement, et bien alors je déciderai de quitter Bruxelles. Les personnes qui vivent en dehors de Bruxelles évitent désormais de s'y rendre et à terme, ce sont les Bruxellois qui vont trinquer !"