La Ville de Bruxelles et Infrabel mis en demeure de restaurer le Passage Chambon à Laeken
L'ouvrage d'art a été classé en 2007. Depuis lors, il ne cesse de s'abîmer…
- Publié le 13-12-2021 à 06h30
- Mis à jour le 14-12-2021 à 08h27

L'administration régionale en charge de l'Urbanisme (urban.brussels) a dressé un procès-verbal à l'attention de la Ville de Bruxelles et d'Infrabel. Elle a constaté, après une visite menée le 20 septembre dernier, des "infractions commises sur le Passage Chambon", à Laeken, Concrètement, urban.brussels déplore "la modification de l'aspect architectural de l'ouvrage et le non-maintien en bon état du bien classé" et conclut que "les faits de la cause constituent une infraction au code bruxellois de l'aménagement du territoire".
Les dégâts, dus à l'absence d'entretien, sont nombreux, note urban.brussels. Les plantes invasives prolifèrent "tant au niveau du chemin de fer qu'au niveau du passage" ; elles et leurs racines "tendent à fragiliser l'ouvrage par leur croissance incontrôlée dans les joints et contre les éléments du passage". La corrosion qui ronge les garde-corps en fer forgé est telle qu'ils présentent des cassures à plusieurs endroits, sur une longueur d'environ 17 mètres, certains éléments des garde-corps ont même disparu. Mais encore : une trentaine de pavés en pierre naturelle sont déchaussés, autant de carrelages dégradés, tandis que les caissons en céramique et leurs encadrements métalliques sont eux aussi dégradés sur environ 110 mètres.
Urban. brussels demande aux deux parties "de prendre les mesures adéquates ayant pour objectif de mettre fin à la situation infractionnelle dans les meilleurs délais, à savoir : introduire une demande complète de permis unique" afin de restaurer le Passage Chambon, classé en 2007 dans sa totalité comme monument y compris ses accès, les balustrades, la lanterne et le mur de soutènement.
Du côté d'Infrabel, on assure avoir réglé le problème d'étanchéité en 2010 grâce à des travaux d'étanchéité. Comme mentionné dans notre courrier à la ville, "l'eau ne peut plus s'infiltrer de cet endroit. Nous optons plus pour de la condensation". De son côté, la Ville reproche à Infrabel d'avoir mal fait son boulot… C'est en tout cas l'argument invoqué depuis 2015 et, surtout, en 2017 pour justifier l'abandon d'un subside Beliris de 500 000 euros destiné à la restauration dudit Passage. Pour le porte-parole du comité de quartier Les amis du Parvis de Laeken Cédric Dartois comme pour le MR bruxellois, cet argent a été transféré dans un projet de serre urbaine dans le parc Annie Cordy, lancé en 2018 et doté d'un budget d'environ 600 000 euros, là encore sur fond Beliris. Ce que dément la Ville…
Le procès-verbal d'urban.brussels va-t-il permettre de faire avancer un dossier vieux de vingt ans ? Le cabinet de l'échevine de l'Urbanisme Ans Persoons (one.brussels) assure vouloir (re) reprendre langue avec Infrabel. Et promet une solution avant la fin de la législature. Mais mène d'abord des recherches sur le "propriétaire" du Passage. Sous-entendu, celui qui porte la responsabilité de l'état et l'entretien de l'ouvrage d'art donc, du coût de sa restauration…