Antonio, taximan bruxellois, a pensé tout arrêter: "Cette hausse du carburant me coûte entre 280 et 300 euros par mois"
Le chauffeur bruxellois estime le surcoût entre 280 et 300 € par mois.
- Publié le 06-11-2021 à 09h00
- Mis à jour le 06-11-2021 à 14h03

Cela fait 30 ans qu'Antonio sillonne les rues de la capitale avec son taxi. "C'est ma passion, depuis que je suis petit", sourit ce quinquagénaire molenbeekois. Mais aujourd'hui, Antonio en a "ras-le-bol" et a même pensé un moment quitter la profession. "Cette hausse du carburant me coûte entre 280 et 300 € par mois."
Des frais supplémentaires qui laissent peu d'alternatives à ce petit indépendant, seul à son compte. "Les prix sont fixés, donc on ne peut pas répercuter cette augmentation. Je n'ai donc pas le choix : je fais plus d'heures pour compenser cette perte", soupire le chauffeur, qui passe déjà en temps normal une douzaine d'heures derrière le volant par jour.
Il faut dire que cette flambée des prix intervient à un moment déjà très critique pour le secteur des taxis. "Il y a la concurrence avec les LVC (NdlR : services de location de véhicules comme Uber et Heetch), la crise du coronavirus qui a diminué le nombre de clients, le télétravail… L'avenir des taxis apparaît de plus en plus sombre. On a le sentiment d'être oubliés par les autorités."
Malheureusement, Antonio n'est pas seul dans le cas. La Fédération belge des taxis tire la sonnette d'alarme en ce mois de novembre. "Les prix sont fixés. Les chauffeurs n'ont donc pas d'autre choix que de subir cette hausse", alerte Sam Bouchal, porte-parole de la Fédération bruxelloise du taxi.
Pour surmonter cette crise, la fédération sectorielle demande la mise en place d'un "carburant professionnel" moins taxé pour les taxis, le " cliquet inversé", et également des mesures structurelles pour accompagner le secteur à passer à l'électrique.