2.824 entreprises ont quitté Bruxelles pour une autre région en 2020 : la Flandre séduit de plus en plus
Les déménagements vers la Wallonie restent stables. Mais les déplacements vers la Flandre sont quant à eux de plus en plus nombreux.
- Publié le 11-10-2021 à 16h12

Statbel vient de publier les données relatives aux déplacements des sociétés. Et force est de constater que de plus en plus d'entreprises quittent la capitale pour s'installer au nord ou au sud du pays. En 2020, ce sont 2.824 entreprises bruxelloises qui ont en effet décidé de s'implanter en Flandre ou en Wallonie. Inversement, 1.928 sociétés wallonnes et flamandes ont quitté leur région pour s'implanter à Bruxelles.

"Ce n'est pas une tendance nouvelle", nous indique Nicolas Roelens, porte-parole de la secrétaire d'État bruxelloise à la Transition économique, Barbara Trachte (Écolo). "On a un vivier de nouvelles entreprises et de start-up à Bruxelles. Mais à un moment, ces boîtes grandissent et les entreprises se déplacent alors vers des zonings en Flandre et en Wallonie. Les autres régions profitent donc du dynamisme bruxellois."
D'après les données de Statbel, les secteurs les plus enclins à quitter la métropole sont principalement les domaines de la construction, de l'automobile et des "activités spécialisées, scientifiques et techniques".
Engouement spectaculaire pour la Flandre
C'est la Flandre qui attire de plus en plus les entrepreneurs bruxellois. En 2020, 1.708 sociétés ont quitté la capitale pour s'installer au nord de la frontière linguistique. Un chiffre quasiment en perpétuelle évolution depuis une dizaine d'années. En 2009, elles n'étaient que 905… et plus du double dix ans plus tard. Les déplacements vers la Wallonie sont également en augmentation par rapport à 2009, mais de façon beaucoup plus légère (une hausse d'un peu moins de 15%).
Mais pourquoi un tel attrait pour la Flandre ? Selon Olivier Willocx, CEO de Beci, les raisons se trouvent entre autres dans le développement de zonings, la situation au niveau de la main-d'œuvre, la "dynamique pro-entreprise" et la concertation avec les partenaires publics.
Même si "l'objectif n'est pas d'avoir des usines dans la capitale", le cabinet Trachte assure avoir la "volonté de conserver une activité productive à Bruxelles". Parmi les raisons de déménagements évoquées par le cabinet : le manque d'espace, le prix du foncier dans la capitale et les problèmes de mobilité. Deux initiatives sont avancées pour contribuer à cet objectif : le développement de parcs à PME par citydev.brussels et la recapitalisation de finance.brussels.
Mais pour Beci, d'autres mesures sont également nécessaires, comme l'amélioration de la propreté publique, l'accélération des permis ou encore la diminution de la taxe sur les bureaux. "Ce climat de départ des entreprises va durer jusqu'à ce que le politique se rendra compte qu'il faut collaborer avec le secteur privé", commente Olivier Willocx
Plus d'entreprises à Bruxelles
Les déplacements des entreprises doivent bien entendu être mis en relation avec la création d'activité au sein de la Région. On comptait au 31 juillet 2021 pas moins de 114.615 entreprises à Bruxelles. Un chiffre en nette augmentation par rapport à 2009 (80.771 entreprises en région bruxelloise le 31 décembre 2009).
"Bruxelles reste le poumon économique du pays. Si on contextualise les déménagements par rapport au dynamisme économique bruxellois et le nombre d'entreprises, on se rend compte que la situation n'est pas si inquiétante", indique le porte-parole de la secrétaire d'État.
Du côté de Beci, on veut cependant aller "au-delà du nombre d'entreprises". "Il faut voir quel est le poids de ces entreprises au niveau du PIB. Bruxelles est en effet une des régions d'Europe avec le plus taux de création d'entreprises. On a ici beaucoup de très très petites entreprises et de très grandes. Mais le vrai défi est de conserver, et d'attirer, les entreprises en croissance, à savoir les entreprises moyennes".