Icon payantArticle réservé aux abonnés

Statues du roi Léopold II déboulonnées : "Retirer ces symboles ne va rien résoudre !"

Éradiquer des représentations de l'ancien fait-il avancer le débat sur le racisme ? Patrick Weber ne le pense pas.

Statues du roi Léopold II déboulonnées : "Retirer ces symboles ne va rien résoudre !"
©D.R.

Éradiquer des représentations de l'ancien temps fait-il avancer le débat sur le racisme ? Patrick Weber ne le pense pas.

La chasse aux statues est ouverte, que ce soit à Bruxelles, en France, en Angleterre ou aux États-Unis. Les représentations de Léopold II, de Colbert (l'auteur de la loi de portant sur les rapports entre maîtres et esclaves dans les colonies françaises d'Amérique, NdlR), de Christophe Colomb ou de la reine Victoria sont priées de dégager de l'espace public. Il faut cesser de glorifier des tyrans, clament leurs plus fervents opposants.

Historien de l'art et archéologue de formation, les statues, Patrick Weber connaît ça. "Je n'ai pas l'impression qu'en déboulonnant une statue, on résout un problème. Au contraire, dit-il. Le cacher ou le nier n'est jamais la bonne solution. On est dans le registre du symbole. Ériger une statue en est un, la déboulonner en est aussi un. Et cette dernière pratique n'a rien de neuf. Il y a 4 000 ans, on faisait la même chose. Quand un empereur voulait vouer aux gémonies le souvenir de l'un de ses prédécesseurs, il faisait détruire les statues. En Égypte, Ramsès II allait plus loin en récupérant à son compte les représentations de ses prédécesseurs. Il virait le nom pour mettre le sien à la place. Si ça devait régler les problèmes, ça se saurait."

Pour accéder à cet article, veuillez vous connecter au réseau internet.
Vous êtes hors-ligne
Connexion rétablie...