Il y a quatre ans, la rédaction de Charlie Hebdo était décimée par un attentat islamiste
Un attentat perpétré dans les locaux parisiens de l'hebdomadaire satirique français Charlie Hebdo fait 12 morts dont les dessinateurs vedettes du journal.
- Publié le 07-01-2019 à 06h47
- Mis à jour le 28-11-2019 à 10h40

Un attentat perpétré dans les locaux parisiens de l'hebdomadaire satirique français Charlie Hebdo fait 12 morts dont les dessinateurs vedettes du journal.
L'attaque qui a également fait 11 blessés dont quatre graves provoque une vague d'indignation en France où plus de 100.000 personnes manifestent spontanément le jour même pour dénoncer le terrorisme sous le slogan "Je suis Charlie". La tuerie suscite aussi l'horreur au sein de la communauté internationale, politiques et médias confondus fustigeant une atteinte à la liberté d'expression.
Plusieurs milliers de policiers sont mobilisés afin de retrouver les auteurs présumés - Chérif et Saïd Kouachi, deux frères de 32 et 34 ans, actifs dans les milieux islamistes - de cette attaque sans précédent. Un jeune homme de 18 ans, soupçonné dans un premier d'avoir été leur complice, se rend à la police dans la nuit tandis que plusieurs autres personnes issues de l'entourage des deux suspects étaient placées en garde à vue. Le jeune homme sera ensuite mis hors de cause. Le Plan Vigipirate est lui porté à son niveau maximal pour l'ensemble de la région parisienne.
Cet attentat sans précédent, le plus meurtrier en France depuis des décennies, a rapidement fait penser à une vengeance des islamistes radicaux qui avaient promis de punir le journal satirique pour avoir publié en 2006 des caricatures du prophète Mahomet, parues dans un premier temps dans un journal danois. Selon un rescapé, les agresseurs ont fait irruption dans la salle de conférence de rédaction de l'hebdomadaire en criant: "Nous avons vengé le prophète! " et "Allah Akbar".
La rédaction de Charlie Hebdo, surprise par les tueurs en pleine conférence de rédaction, a été décimée. Quatre de ses caricaturistes vedettes, Charb, Cabu, Tignous et Wolinski, sont décédés. L'économiste Bernard Maris et deux policiers figurent également parmi les victimes.
En novembre 2011, le siège de Charlie Hebdo avait été détruit dans un incendie criminel, déjà qualifié d'"attentat" par le gouvernement de l'époque. En 2013, un jeune homme de 24 ans avait été condamné à de la prison avec sursis pour avoir appelé sur internet à décapiter son directeur, après la publication des caricatures de Mahomet.
La traque des auteurs de l'attentat contre Charlie Hebdo s'achèvera dans le sang le 09/01/2015 lorsque les frères Saïd et Chérif Kouachi sont tués lors de l'assaut donné par les forces de l'ordre contre l'imprimerie dans laquelle ils s'étaient retranchés à Dammartin-en-Goële, à une vingtaine de km de l'aéroport international de Roissy. Quasi simultanément, l'assaut était donné contre le magasin casher de la Porte de Vincennes où un homme de 32 ans, Amedy Coulibaly, avait pris des otages. Cet homme avait tué la veille une femme policier et blessé un employé municipal dans une fusillade à Montrouge, au sud de la capitale. L'un des frères Kouachi devait affirmer avant sa mort avoir été missionné par Al-Qaïda au Yémen. Amedy Coulibaly a assuré avoir "synchronisé" son action avec les deux frères et s'est réclamé de son côté de l'organisation Etat islamique (EI).
Une "marche républicaine" rassemblera, le 11/01/2015, près d'1,5 million de personnes dans les rues de Paris en hommage aux 17 victimes des différentes attaques et pour la liberté d'expression. Une cinquantaine de chefs d'Etat et de gouvernement se joignent également à ce défilé alors que des dizaines de milliers d'autres personnes à travers le monde expriment leur solidarité avec la France, meurtrie par ces attentats.
Les funérailles des premières victimes ont lieu le 13/01/2015 à Paris et Jérusalem. Une semaine après l'attaque qui a décimé sa rédaction, le journal satirique Charlie Hebdo sort lui une édition dite des "survivants" au tirage exceptionnel de cinq millions d'exemplaires avec à sa Une le prophète Mahomet que les lecteurs s'arrachent malgré les menaces proférées à l'encontre de certaines librairies. Le même jour, la branche yéménite d'Al-Qaida revendique dans une vidéo l'attaque qui a décimé la rédaction de l'hebdomadaire.
