Attentats de Paris: un quatrième commando lié à la cellule de Verviers ?

Ces deux faux réfugiés, arrêtés en Autriche, avaient les mêmes contacts qu'Omar Damache, le comparse d'Abdelhamid Abaaoud arrêté à Athènes deux jours après l'assaut de Verviers.

Li. B.
Attentats de Paris: un quatrième commando lié à la cellule de Verviers ?
©AFP

L'identité de ces deux hommes, arrêtés à Salzbourg, près d'un mois après les attentats de Paris, était longtemps restée mystérieuse. Ils ont finalement été identifiés.

De recoupements en recoupements, les enquêteurs français ont pu établir qu'ils pouvaient être mis en relation avec Abdelhamid Abaaoud, coordinateur des attentats de Paris et de la cellule de Verviers, ainsi qu'avec Omar Damache, un Algérien détenu en Belgique dans l'enquête sur la cellule de Verviers.

C'est le journal "Le Monde" qui fait ces révélations dans son édition de jeudi. Et le journal, sur base de sources policières, de s'interroger : auraient-ils pu former le "4e commando" du 13 novembre évoqué dans le communiqué de revendication de l'Etat islamique ? A moins qu'ils ne dussent agir plus tard dans un autre pays européen, comme l'Allemagne.

Le premier de ces deux hommes est un Pakistanais. Il aurait été artificier au Pakistan dans deux groupes liés à Al-Qaïda. Le second, Adel H., est un Algérien de 28 ans qui aurait rejoint l'Etat islamique en février 2015.

La route des migrants

Les deux hommes sont arrivés sur l'île de Leros (Grèce) le 3 octobre 2015. Ils avaient accosté avec un groupe de migrants dans lequel on retrouve également les deux kamikazes irakiens qui se sont fait exploser avec le Bruxellois Bilal Hadfi près du Stade de France.

Or, il apparaît, selon l'enquête du journal français, qu'Abdelhamid Abaaoud a également été localisé à cette période à Leros.

Les deux hommes resteront bloqués à Leros où ils seront incarcérés jusqu'au 28 octobre car ils étaient porteurs de faux passeports. A leur libération, ils recevront un ordre de quitter le territoire dans les 30 jours.

Ils ont poursuivi leur route vers l'Ouest. Ils ont suivi la route des migrants via la Macédoine, la Serbie, la Croatie et la Slovénie. Une fois en Autriche, ils ont demandé l'asile en présentant à nouveau de faux documents.

Ce sont leurs empreintes digitales, comparées avec celles prises à Leros, qui ont permis de les confondre. On est alors le 10 décembre 2015.

Les téléphones parlent

Les enquêteurs ont épluché les téléphones des deux hommes. Les contacts de l'Algérien, Adel H., sont révélateurs. Dans le répertoire, ils ont découvert des numéros d'une dizaine de pays, dont la Belgique.

L'examen du téléphone montre qu'il a tenté de contacter un numéro turc avant de l'effacer de la mémoire. Ce numéro figurait sur un papier découvert dans la poche d'un kamikaze du Stade de France. Le numéro était aussi repris dans le répertoire du GSM d'Omar Damache, l'Algérien arrêté à Athènes le 17 janvier 2015, deux jours après l'assaut de Verviers.

Damache, livré à la Belgique, a séjourné à Athènes dans les mêmes lieux qu'Abaaoud. Damache et Adel H. avaient aussi enregistré dans leurs répertoires un autre numéro - grec - commun.

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