Festival "néonazi" à Ypres : l'Ocam a prévenu du risque le 5 août
Un méli-mélo politique a retardé la prise de décision pour annuler le festival "néonazi".
- Publié le 17-08-2022 à 19h32
- Mis à jour le 18-08-2022 à 11h49

La ville d'Ypres a pris la décision d'annuler le festival Frontnacht le mardi 16 août pour des raisons de sécurité. Plusieurs groupes invités présentaient des liens trop manifestes avec des mouvances néonazies et antisémites.
Ce qui pose question, c'est le timing dans lequel cette décision a été prise. L'Ocam, l'Organe de coordination pour l'analyse de la menace, a envoyé un rapport le 5 août dans lequel il indiquait que les groupes qui devaient se produire en introduction de l'Ijzerwake le 27 août étaient clairement liés à des mouvements néonazis. Et, contrairement à ce que les informations dont nous disposions mardi nous ont laissé écrire, l'Ocam n'a jamais laissé croire qu'il n'y avait aucune raison de refuser la tenue des concerts.
Le centre de crise national nous confirme que le rapport de l'Ocam lui a bien été envoyé le 5 août et que le processus classique a bien été suivi. "Lorsque l'Ocam réalise une évaluation, le rapport est transmis aux zones de police concernées. Ces dernières vont analyser la situation sur base de ces informations et déterminer ce qu'elles devraient mettre en œuvre pour assurer l'ordre public. Elles transmettent alors leur avis aux bourgmestres qui vont, sur base de toutes ces informations, décider de ce qu'il y a lieu de faire face aux menaces potentielles", nous indique le porte-parole du centre de crise.
C'est ce qui a été fait à Ypres. "Nous avons reçu le rapport le 9 août. Il est arrivé sur la table du premier collège communal qui a suivi et qui tombait le 16 août", nous répond Diego Desmadryl (Open VLD), échevin de l'Événementiel à Ypres. Il s'est donc écoulé 11 jours entre la production du rapport et la décision d'interdire le festival.
Les liens entre les groupes de musique et des organisations fascistes avaient pourtant déjà été mis en exergue par des journalistes et des associations civiles. Ces alertes n'avaient-elles pas de valeur aux yeux du collège VLD-Vooruit-N-VA ? Que nenni. Le libéral précise que l'autorisation avait été donnée aux organisateurs du concert de le faire à la condition qu'il n'y ait pas de liens entre les musiciens, leurs messages, et des mouvances radicales d'extrême droite. "On leur a d'abord laissé une opportunité de changer leur programmation." Ce qui n'a pas été fait et qui a mené au mouvement de protestation nationale, venant tant de la société civile que du politique, du 16 août. Puis à l'annulation.
