Blocages routiers: des millions d'euros et des aliments perdus (PHOTOS)
La distribution va essuyer des pertes. Comeos monte au créneau.
- Publié le 07-04-2016 à 06h57
- Mis à jour le 07-04-2016 à 09h02
La distribution va essuyer des pertes. Comeos monte au créneau. La levée des barrages devrait permettre l'acheminement habituels des marchandises vers les grandes et moyennes surfaces de la distribution.
La situation avait déjà évolué en cours de journée, notamment chez Lidl dont un dépôt avait été bloqué mardi. Quelque 59 magasins sur 60 approvisionnés via le dépôt de Courcelles ont pu être approvisionnés.
"Seul le magasin d'Erquelinnes est toujours touché. Ceux de Couvin et de Gerpinnes ont finalement été approvisionnés mercredi en début d'après-midi. Le centre de distribution à Courcelles, qui était bloqué mardi, ne l'est plus ce mercredi" expliquait le porte-parole de Lidl, Julien Wathieu, en milieu d'après-midi. C'était d'autant plus crucial pour le smartdiscounter qu'il accordait à partir de ce jeudi une réduction de 30 % sur des légumes.
Carrefour était justement concerné pour la livraison de produits frais, qui transitent par le dépôt de Nivelles, bloqué depuis plusieurs jours. Cela se chiffrera en pertes sonnantes et trébuchantes pour l'enseigne.
"Ces produits bloqués en dépôt ne pourront être consommés et risquent de devoir être jetés", a remarqué Baptiste Van Outryve.
Colruyt ne connaissait pas ces problèmes. Les dépôts bloqués (Ollignies et Ghislenghien) abritent des boissons et des produits secs. "Les clients n'ont pas remarqué de pénurie car les magasins ont utilisé leurs stocks", explique Hanna Poppe, porte-parole. Le plan B ne devra pas être mis en application.
Delhaize n'avait pas enregistré de problème aigu.
Comeos, la fédération du commerce et des services, estime que les pertes pour le commerce s'élèvent à des dizaines de millions d'euros. "Des centaines de tonnes d'aliments frais ne sont plus consommables", a-t-elle déploré.
Mons: les enseignes également impactées
Outre les stations-service qui ne sont plus alimentées en carburant, les magasins sont également touchés. Les camions de livraison ne bénéficiaient pas de traitement de faveur et étaient donc retenus dans les différents barrages routiers.
Le Colruyt de Quiévrain n'est, pas exemple, pas livré aussi régulièrement. "Nous ne recevons pas la totalité des marchandises", explique le gérant. "Les produits frais et les surgelés nous sont encore livrés. Mais nous commençons à manquer de boissons. Nous recevons les matières premières, ce qui est vital et au vu de la situation, on trouve que ce n'est déjà pas si mal". D'autant plus que le sujet alimente les conversations. "Nous entendons les clients échanger, dire qu'à tel endroit, il y a encore tel produit".
Si les magasins peuvent encore faire face, il ne faudrait pas que la situation perdure dans le temps. "Nous espérons qu'un compromis sera rapidement trouvé afin de mettre fin à ces blocages", insiste Hanne Poppe, responsable presse pour Colruyt Group. "Nous n'avons rien à voir avec cette taxe décidée par le gouvernement. Et nous sommes victimes deux fois. Nous devrons nous en acquitter également et nous sommes pris en otage par les actions des chauffeurs".
Pour l'heure, seuls certains produits sont concernés par ce manque de réapprovisionnement. "Ce sont principalement les produits papiers, les boissons de grands volumes tels les eaux, les sodas et les bières, ainsi que la nourriture sèche comme les chips qui sont impactés par ces mesures". Les deux centres de distributions de Colruyt, situés à Ollignies et à Ghislenghien, livrent l'ensemble de la Wallonie et sont victimes de blocage. "Si cela persiste, nous trouverons des alternatives en faisant notamment appel aux autres centres de distribution Colruyt. Pour l'instant, les stocks sont suffisants dans les différents magasins".
Colruyt n'est bien entendu pas la seule enseigne à être touchée. Ce week-end, les consommateurs pourraient donc bien se retrouver face à des rayons plus vides qu'à l'accoutumée, même si les enseignes font leurs possibles pour continuer à satisfaire la demande.
Bastogne-Vielsalm: "Les personnes âgées sont inquiètes"
Le blocage par les camionneurs des dépôts qui assurent l'approvisionnement des supermarchés entraîne la pénurie de certains produits, en particulier aux rayons frais. Au Carrefour Market de Bastogne, les rayons yaourts, plats préparés et poissons frais sont vides.
"Nous avons dû annuler une partie des promos prévues ce mercredi car ces marchandises n'ont pas été livrées", déplore le gérant. "Si ces blocages durent plus d'une semaine, la plupart des rayons seront vides et le manque à gagner risque d'être très important."
Pour l'heure , le gérant garde le sourire, même s'il craint de devoir jeter la marchandise périmée, livrée hors délais, et dit comprendre la colère des transporteurs routiers, en particuliers les petits indépendants pénalisés par la taxe kilométrique. "Mon beau-fils est routier", poursuit-il. "Il travaille pour une société et n'est pas directement concerné par cette taxe. Cela dit, son camion a été bloqué au barrage de Sinsin. Je le ravitaille en vivres chaque jour."
Au Carrefour Market de Vielsalm, où les produits frais commencent à manquer, le personnel tente de rassurer les clients.
"Les personnes âgées sont particulièrement inquiètes", souligne Pascale Gaspari, employée. "Elles craignent de manquer de nourriture et nous posent des questions sur l'approvisionnement du magasin. Les plus jeunes font leurs courses comme d'habitude."
À Vielsalm, comme à Bastogne, les rayons fruits et légumes ne sont pas impactés.
WAPI: les supermarchés gèrent la situation…
Si la plupart des problèmes routiers ont été résolus en fin de journée dans la région, cela sonnait réellement comme une bonne nouvelle pour certains secteurs, notamment celui du commerce.
Effectivement, certains supermarchés commençaient tout doucement à afficher quelques trous dans leurs rayonnages… Cependant, les différents représentants se voulaient rassurants sur la situation actuelle, tout en déplorant un réel risque de gâchis…
"Nous parvenons à trouver des solutions afin que nos magasins soient ravitaillés de la meilleure des façons possibles et ce malgré le blocage d'un de nos dépôts. Cependant, le problème se situe notamment au niveau des produits frais. Ce sont des produits qui ont des dates de péremptions très proches et donc il y a un réel risque de devoir jeter énormément de marchandises. Et ça, c'est intolérable", commentait Baptiste Van Outryve, responsable de la communication pour Carrefour Belgium.
Même son de cloche du côté de la chaîne Lidl qui indiquait ne déplorer aucun réel problème de ravitaillement dans la région Wallonie picarde. Tout pourrait donc totalement revenir à la normal pour les différents magasins touchés par les blocages autoroutiers.
